Zone sinistrée

Jacinthe Laliberté
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Le chemin Sainte-Anne-des-Lacs : réparation planifiée, sans échéancier

 Jacinthe Laliberté – Emprunter le chemin Sainte-Anne-des-Lacs devient de plus en plus périlleux. Ce chemin, qui s’étend de l’autoroute à l’Hôtel de Ville, est de juridiction provinciale. L’entretien, les réparations et la réfection relèvent, donc, du ministère des Transports du Québec (MTQ).

De route agréable à montagnes russes

La dégradation de la route est telle que les lézardes et les nids-de-poule ne présentent que peu d’intérêt en comparaison des montagnes russes causées par la formation de bosses de type dos d’âne, d’ornières ainsi que d’affaissements que M. Jean-Sébastien Vaillancourt, conseiller municipal, a baptisé « ventre-de-bœuf » lors de la dernière séance municipale. Ces derniers, au nombre d’une dizaine et d’une profondeur variant de 6 à 8 pouces, sont répartis sur une courte distance de 1,5 km.

Les conducteurs doivent manœuvrer habilement pour éviter ces déformations de la route en ralentissant considérablement à chaque ventre-de-bœuf et dos d’âne; en freinant brusquement; en louvoyant entre les trous et les fissures.

Quelles en sont les causes ?

Une circulation plus abondante avec son lot de véhicules de plus en plus lourds pourrait être une des raisons de la détérioration de la route. Mme Monette Laroche est catégorique sur ce point : « Normalement, on ne devrait pas avoir de problème. Mes ingénieurs disent que le fond n’est pas assez solide, donc le sol réagit. »

En décembre 2018, le MTQ confirmait la détérioration du chemin Sainte-Anne-des-Lacs sur une distance de 3,7 km. Qualifiée de route gélive (route qui se dégrade sous l’effet du gel), M. Claude Thibeault, directeur général du ministère des Transports des Laurentides-Lanaudières, mentionne, dans une de ses lettres, que «  ce chemin présente beaucoup de déformations au printemps (routes gélives)… ». Pourtant, la route se dégrade, également, en hiver avec ses périodes de redoux dont les effets s’apparentent au dégel printanier, résultat d’une aggravation de la situation d’année en année.

Interventions faites à ce jour

Mme Laroche fait la rétrospective des démarches réalisées à ce jour : « Des rencontres avec différents députés nommément Mme Marguerite Blais; des entretiens avec des directions du MTQ et nombre de demandes accompagnées de résolutions du Conseil municipal, tous sont restés vains. »

Les employés du ministère procèdent à de fréquentes vérifications et à des interventions ponctuelles, mais aucune réparation en profondeur n’est effectuée. « Lorsqu’on est fatigué d’attendre, on procède nous-mêmes à certaines réparations, » ajoute la mairesse.

Depuis le début de l’hiver, les deux panneaux indicateurs placés aux abords de la route à proximité des deux principaux affaissements ont disparu sous les amoncellements de neige. Les conducteurs n’ont que les déformations de la route comme repères visuels qui disparaissent lorsqu’elle est ensevelie sous la neige. Les conducteurs roulent, alors, à l’aveuglette.

Réponse du ministère des Transports

Selon les dires de la mairesse, une lettre fut envoyée en juillet 2018 à M. Thibeault. La réponse reçue en décembre annonçait uniquement la réfection du pont de l’autoroute prévue en 2020. Dans sa réponse, celui-ci ajoutait : « … compte tenu de l’ensemble des besoins d’intervention sur le réseau routier de notre région, le projet n’a pas été retenu et je ne peux pas vous confirmer l’échéancier de réalisation… ».

Suite à la démarche du Journal, voici ce que nous a répondu le Ministère ce lundi 18 février :

Le Ministère est conscient que cette route présente beaucoup de déformations, ainsi que des problèmes de fissuration et d’orniérage.

  • Une équipe du Ministère procédera prochainement à une nouvelle vérification de l’état de la chaussée.
  • Des travaux de réfection, sur la totalité du chemin Sainte-Anne-des-Lacs, soit sur une longueur approximative de 3,7 kilomètres, demeure établie dans la planification du ministère des Transports.
  • Aucun échéancier de réalisation ne peut être confirmé pour le moment.
  • D’ici la réalisation des travaux de réfection, le Ministère continuera d’en assurer l’entretien.

Une action citoyenne

« Nous sommes dans une impasse. Nous avons fait maintes et maintes représentations auprès du ministère, mais nos demandes ne sont nullement prises en considération. Les citoyens ont un pouvoir beaucoup plus important que le nôtre  », conclut la mairesse.

Un regroupement de citoyens a indiqué, lors de la dernière séance du Conseil, qu’une pétition circulerait signifiant ainsi que la situation les concerne tout autant que les élus.

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