Sensibilisation à l’autisme

Thomas et son père. - photo : Marie-Hélène Thibault

La petite histoire de Thomas

Jacinthe LalibertéAu Québec, les statistiques indiquent qu’environs  1, 5 % de la population est atteint d’une forme ou l’autre de l’autisme aussi appelé trouble du spectre de l’autisme (TSA). La sensibilisation de la population aux obstacles auxquels sont confrontées les personnes qui en sont atteintes s’avère essentielle pour leur intégration sociale. Le 2 avril est donc la journée idéale pour porter du bleu, couleur symbolisant la prévalence de l’autisme chez les garçons (Fédération québécoise de l’autisme).

Les personnes atteintes de ce trouble ont des talents remarquables, néanmoins, leur vie est empreinte d’obstacles qu’elles doivent affronter tous les jours de leur vie. L’autisme, malgré le fait qu’on en parle de plus en plus, demeure, un grand inconnu. Malgré toutes les actions entreprises pour faire connaître les particularités de ce trouble neuro-développemental, les mythes que certains relient encore aux problèmes de santé mentale ou de comportement  persistent.

À ce jour nous percevons des progrès pour les intégrer. Le milieu scolaire s’ouvre lentement à l’intégration en classe régulière; en milieu de travail, on opte pour un stage plutôt que pour des ateliers qui les stigmatisent; le monde artistique qui donne de plus en plus espace à l’univers de l’autisme, produit présentement des séries télévisées comme Le bon docteur (série américaine traduite en français) et L’Heure Bleue (série québécoise) où des comédiens tiennent le rôle d’autiste. Où des comédiens tiennent le rôle d’autiste.

Qu’à cela ne tienne, un bon nombre de parents se battent encore et toujours pour que leur enfant bénéficie de services adéquats en CPE et en milieu scolaire, pour une intégration appropriée dans un camp de jour, pour du répit dépannage ou des soins médicaux spécifiques à leur problématique. Cette longue liste des besoins se transforme souvent en un combat de tous les jours.

Pourtant, il y a tant de belles réussites qui démontrent jusqu’à quel point une stimulation adéquate et constante ainsi que des ressources appropriées donnent la possibilité d’évoluer à des niveaux qu’il est même difficile d’imaginer.

Voici donc la petite histoire de Thomas

Thomas est un petit garçon de 12 ans autiste, épileptique et également atteint d’une déficience intellectuelle moyenne. À l’âge de 8 ans, il se déplaçait difficilement en clopinant; il bougeait constamment ses mains devant lui (flapping) et balançait le haut de son corps lors de grands moments d’anxiété (rocking).

Aujourd’hui, Thomas fait du ski, saute sur un trampoline, se promène dans les bois en raquettes avec son chien Lou, participe l’été à des camps de jour régulier pour lesquels les parents font les démarches nécessaires pour faciliter son intégration.

Thomas est scolarisé en classe TSA à la Polyvalente des Monts. Dès son arrivée, l’enseignante s’est questionnée sur la pertinence du classement de Thomas dans cette classe puisqu’il fonctionnait à un rythme plus lent que les autres. « Même scolarisé en classe spéciale, il a fallu démontrer que Thomas pouvait apprendre. L’enseignante l’a tellement bien compris, qu’elle a su se concentrer sur ses forces et travailler avec ses difficultés, » de mentionner la maman.

À Noël, Thomas a lu la carte qu’il avait reçue de sa grand-mère ayant appris à lire l’été précédent; il manipule la tablette et l’ordinateur comme un pro en informatique ce qui facilite son apprentissage de la lecture et de l’écriture. La prochaine étape, écrire ses propres textos à ses parents et à sa sœur.

Les parents de Thomas croient en l’intégration. Et surtout, ils croient en Thomas. Des défis attendent aussi bien Thomas que ses parents. Ils savent qu’il ne s’arrêtera jamais. Leur leitmotiv : aller aussi loin que le permettront la curiosité et la persévérance de leur enfant.

Un petit geste, un regard intéressé, une approche authentique, là est la différence. Les parents de Thomas vous le confirmeront.

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