Forêt Héritage

Sécurité sentier - journal des citoyensUn autre accident est survenu le dimanche 13 juin en vélo de montage dans la Forêt Héritage sur le territoire de Prévost, avec l’intervention de la sureté du Québec, des ambulanciers et des pompiers de Sainte-Anne-des-Lacs. – Photo: Anthony Côté
Jacinthe Laliberté
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La sécurité dans les sentiers

Jacinthe Laliberté jacinthe.laliberté@journaldescitoyens.ca – Un accident, heureusement sans conséquence, est survenu le 9 juin sur le territoire de l’organisme l’Héritage plein air du Nord (HÉPAN). Depuis, il est question de responsabilité et de gestion du risque sur les sentiers.

Karel Rochon, âgé de 16 ans, en dévalant une pente, n’a pu apercevoir une corde qui bloquait la sortie de la piste qui le menait directement à la rue Fillion, route de Saint-Anne-des-Lacs relativement passante. 

Trouver ce qui s’est réellement passé, revient à l’HÉPAN qui, à la lueur de son analyse pourra se réajuster. En effet, cet accident a fait ressurgir une multitude de faiblesses organisationnelles, particulièrement quant à la gestion du risque pour les vélos de montagne de haut niveau.

Commençons par la signalisation 

La symbolique d’une corde bloquant un accès peut être un bon moyen de dissuasion. Dans le cas présent, il s’est fait déclasser se retrouvant dans la catégorie « piège » pour les adeptes de vélo de montagne, selon certains experts.

La signalisation inadéquate autant pour les piétons que pour les cyclistes sur les sentiers de la Forêt Héritage cause préjudice aux usagers et selon certains, les met en danger.

André Lessard, nouveau président de l’HÉPAN, confirme que le dossier signalisation, depuis la semaine dernière, sera le dossier prioritaire des prochains conseils d’administration : « Il est certain que notre signalisation est déficiente et il faut y travailler sérieusement ». 

La gestion du risque 

Selon le président de l’HÉPAN, les sentiers sont multifonctionnels. Il y a partage entre vélo de montagne et randonneurs. Partager les sentiers n’est pas une problématique pour lui. 

Certains utilisateurs de ces sentiers ne sont pas du même avis. Une simple promenade du samedi peut tourner à la catastrophe lorsqu’il y a rencontre avec un cycliste qui dévale une pente à toute allure. 

La sécurité sur les sentiers doit être maximisée. Les piétons ne se sentent plus en sécurité sur les pistes de la Forêt Héritage, dont le territoire s’étend de Sainte-Anne-des-Lacs à Prévost. De source importante, les risques inhérents à ce sport de performance de haut niveau sont pris à la légère par les dirigeants de l’organisme. 

Et pourtant, dans certaines pistes comme la Flamingo, des sauts périlleux ont été aménagés. Le danger est doublement réel, et ce autant du côté du cycliste que de celui du randonneur qui déambule au bas de la pente.

Le directeur général de la Municipalité de Sainte-Anne-des-Lacs, Jean-Philippe Gadbois, qui circule fréquemment dans la Forêt Héritage, confirme que certains sentiers sont déroutants. Le fameux saut qu’il nomme le « saut de la mort » l’a fortement impressionné. 

Il poursuit en ces termes : « L’histoire d’une corde placée, peut-être par inadvertance, est une chose, mais un saut aménagé en bonne et due forme où quelqu’un se blesse ou se tue en est une autre. On appelle cela la gestion du risque. »

Partage de responsabilités

Dans une telle situation, la responsabilité est tripartite. Elle échoit autant à la Municipalité, à l’organisme responsable de l’aménagement des sentiers qu’au cycliste lui-même. 

La responsabilité de la Ville et par conséquent, celle de l’organisme l’HÉPAN se traduit comme tel : s’assurer que le propriétaire d’un lieu privé dont l’accès est donné au public, gère le risque d’accident et fasse en sorte qu’il n’y en ait pas. Avoir une garantie que l’assurance responsabilité de cet organisme soit adéquate relève aussi de la Municipalité. 

Finalement, dès qu’une personne s’engage dans un sentier, qu’elle soit randonneuse ou cycliste, elle doit être consciente de la responsabilité qui lui échoit. « Les adeptes d’un sport extrême doivent être les premiers interpelés au niveau de la sécurité des autres et de la leur », de commenter Anthony Côté, membre du CA de l’HÉPAN.

Un projet pour l’été

Une primeur de dernière minute confirme des démarches entreprises par la Municipalité pour sécuriser les sentiers : « Cet été, un étudiant sera embauché, et ce, conjointement avec la Ville de Prévost. Cet étudiant qui circulera dans tous les sentiers de la Forêt Héritage aura plusieurs mandats. » S’assurer, principalement, du respect des règlements et de la sécurité ainsi que de colliger des statistiques sur les usagers : leur fréquentation, leur lieu de résidence, par exemple, relèvera de ses fonctions. 

De par cette embauche, de l’entente intermunicipale conclue avec l’organisme l’HÉPAN et de la conscientisation des adeptes du vélo de montagne par les dirigeants de l’HÉPAN, les piétons pourront, espérons-le, se promener de façon plus sécuritaire au cours de l’été.

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