Des risques pour la santé

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Christian Bordeleau, juillet 2006 – Selon le Groupe scientifique sur l’eau de l’Institut national de santé publique du Québec, il faut faire la différence entre les entérocoques fécaux et les streptocoques fécaux. Depuis 1980, la classification générale des streptocoques fécaux a été modifiée par la création d’un nouveau genre, Enterococcus.

Dans ce contexte, plusieurs espèces appartenant auparavant au genre Streptococcus ont été transférées vers le genre Enterococcus. Ce genre comprend une vingtaine d’espèces qui se retrouvent dans différents habitats et chez différents hôtes. Certaines de ces espèces se retrouvent souvent dans les tractus gastrointestinaux des êtres humains et de plusieurs animaux.

Le groupe scientifique lui-même affirme que « cette nomenclature, basée sur la modification de la classification bactérienne, peut engendrer une certaine confusion d’autant plus que certains documents récents utilisent toujours le terme streptococcus pour décrire les espèces du genre enterococcus». À cet égard et pour démontrer l’ambiguïté des termes, il faut rappeler que le Règlement sur la qualité de l’eau potable du Québec ne fait mention que des entérocoques (art 13.39 et annexe 1).

Pour notre part, nous utiliserons tout au long de ce dossier le terme streptocoque (streptococcus regroupant les entérocoques) et le terme coliformes fécaux pour l’autre gamme bactérienne. L’amalgame des deux mesures nous donne donc un moyen de mesurer la contamination d’un «plan d’eau».

Le streptocoque : ce porteur de maladie

Le streptococcus pyogène, du groupe A de Lancefield, est à l’origine d’angines rouges, d’infections cutanées (impétigo), d’abcès, d’infections broncho-pulmonaires, pour ne nommer que ceux-là. Les angines à streptocoque A peuvent être associées à la scarlatine: elles peuvent également évoluer vers des complications comme le rhumatisme articulaire aigu si la maladie n’a pas été traitée étant jeune.

Le streptococcus agalactiae, du groupe B de Lancefield, est responsable d’infections chez le nouveau-né (méningites, septicémies) et parfois d’infections vaginales et urinaires. En pathologie vétérinaire, le streptococcus agalactiae est reconnu responsable de mammites chez la vache et peut alors se retrouver dans le lait en quantité anormale.

Le streptococcus pneumoniae (ou pneumocoque) est un des principaux responsables de mortalité d’origine infectieuse dans les pays industrialisés. Il est aussi fréquemment responsable d’otites et de sinusites qui peuvent évoluer vers des formes de méningites purulentes. Le pneumocoque est particulièrement dangereux pour les personnes âgées et les nourrissons chez lesquels il provoque des infections broncho-pulmonaires débouchant sur des complications de la respiration parfois fatales.

Leur recherche associée à celle des coliformes fécaux constitue un bon indice de contamination fécale. Ils témoignent d’une contamination d’origine fécale ancienne tandis que les coliformes fécaux témoignent d’une contamination d’origine fécale récente.

Les coliformes fécaux

Ces coliformes sont capables de se développer à 44°C alors qu’aucune croissance n’est observée à cette température pour les souches non fécales. La principale bactérie coliforme spécifiquement d’origine fécale est Escherichia Coli (E. Coli). Cette bactérie apparaît toujours en grande quantité dans les déjections animales et humaines et ne se trouve qu’exceptionnellement dans les sols et les eaux qui n’ont pas été l’objet d’une pollution fécale. Les coliformes fécaux ou thermotolérants constituent un bon test de contamination des eaux par les matières fécales car ils peuvent créer des maladies gastro-intestinales relativement graves.

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