Rivière à Simon
Une connaissance qui s’accroît

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Jean-Reno Chéreau – 10 août 2010 – La rivière à Simon traverse cinq municipalités, en plus de servir d’attrait touristique à plusieurs entreprises privées. Cependant, que savons-nous actuellement de l’état de cet affluent de la rivière du Nord ? Le Journal s’est intéressé aux deux acteurs présents sur ses rives, soit la municipalité de Morin-Heights en amont et le spa nordique Polar Bear’s Club en aval du point d’échantillonnage effectué le 11 août 2009, qui avait révélé un taux de coliformes fécaux de 2400 UFC/100ml.

Empêcher la disparition des zones humides

L’une des actions entreprises par la Ville a été de protéger l’environnement qui entoure la rivière, afin de réduire au maximum l’impact humain sur le cours d’eau, nous explique James Jackson, directeur de l’environnement à la Municipalité de Morin-Heights. « Les trois tributaires forment deux marais sur le territoire de Morin-Heights et il est important de les protéger ».

Les actions de la Ville s’inscrivent donc dans les règles du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP) sur les zones humides. Concrètement, ces règles posent des conditions à la construction d’un bâtiment qui se situerait près d’une zone humide de plus d’un hectare.

Selon les propos du directeur de l’environnement, lui-même est impliqué dans l’inspection des terrains en construction. « Une partie de mon travail est de vérifier sur le terrain la présence ou non de zone humide, lorsqu’un permis nous est demandé. » Ces inspections, qui selon lui sont « systématiques », permettent donc à la Ville de connaître la position de certaines zones humides. Morin-Heights n’a jamais tenu un décompte officiel des marais et des marécages sur son territoire.

Cette cartographie hydrologique du territoire est utile pour certaines municipalités, puisqu’elle permet de voir l’évolution des zones humides. Puisque leur surface varient avec le temps, une cartographie indiquant leur position évite d’en détruire une par temps sec, selon Stéphane Parent, conseiller municipal à la ville de Prévost. C’est aussi pourquoi le MDDEP a encouragé les Municipalités à cartographier leurs zones humides.

Rappelons que la municipalité est située à la jonction de trois cours d’eau formant la rivière à Simon. En effet, c’est une zone névralgique où se mêlent les ruisseaux provenant du lac Chevreuil, du lac Bouchette ainsi que du lac Écho. Par conséquent, les zones humides créées par cette confluence servent donc de filtre naturel contre les contaminants de toute sorte, tel que les coliformes fécaux. Ainsi, une eau plus pure s’écoule de cette zone.

La possibilité d’échantillonner régulièrement la rivière à Simon

Morin-Heights a entrepris l’échantillonnage de la rivière à Simon en juin dernier. Selon des données remises par le directeur de l’environnement au Journal, le taux de coliformes fécaux donne une moyenne de 56 UFC/100ml, pour la journée du 16 juin 2010. Bien que ce chiffre semble encourageant, il n’en demeure pas moins qu’aucune conclusion ne peut être tirée de cet unique échantillon, puisqu’un suivi régulier et le contrôle de plusieurs paramètres doivent être effectués afin de connaître l’état de cette rivière.

Afin de pallier cette situation, le directeur de l’environnement affirme que le conseil municipal entend bien collaborer avec l’agence de bassin versant ABRINORD, notamment en contribuant financièrement à son projet d’échantillonnage. Selon les propos de M. Jackson, 700$ seront ajouté sur le budget de l’environnement prévu pour novembre prochain afin d’effectuer un échantillonnage de la rivière à Simon.

Jusqu’à ce jour, la teneur en contaminant de l’eau de la rivière à Simon n’est connue que par l’initiative d’ABRINORD, qui a échantillonné la rivière à Simon pour le compte du MDDEP en 2009, entre mai et octobre. Tel que rapporté par le Journal en juillet 2010, la moyenne de coliformes fécaux s’était établie à 57 UFC/100ml, en excluant la donnée du 11 août 2009. Cette dernière a donné un résultat de 2400 UFC/100ml, un chiffre qui se situe bien au-delà de la norme de 200 UFC/100ml prescrit par le MDDEP pour la baignade. Les chiffres étaient inconnus de la part du directeur de l’environnement de Morin-Heights ainsi que de François Carrier, propriétaire du Polar Bear’s Club.

Polar Bear’s Club et la rivière à Simon

Lors d’un entretien téléphonique, M. Carrier a confirmé au Journal qu’il n’avait commandé un échantillonnage de la rivière qu’une fois, lorsqu’il est devenu le propriétaire de l’entreprise il y a deux ans. Depuis ce temps, le spa nordique n’a jamais fait d’échantillonnage de la rivière à Simon, invoquant une question de coût. De plus, la rivière a la réputation d’être propre, selon les propos du propriétaire. Il ajoute qu’au moindre doute, il fermerait l’accès à la rivière, « s’il y avait des indications d’un problème en amont ». Interrogé sur le nombre de fois où une telle situation se serait produite, il a répondu qu’à sa connaissance, l’accès à la rivière n’a jamais été fermé au public.
Au Québec, une surveillance de la qualité des eaux est effectuée par le MDDEP, grâce au programme réseau-rivières ainsi que le programme environnement-plage. À la date de publication de cet article, aucun de ces programmes n’échantillonne la rivière à Simon.

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