Des sentiers à protéger

photo courtoisie- Ce petit bout de passerelle a demandé beaucoup de préparation: il a fallu transporter les matériaux pendant 1¼ heures pour se rendre au chantier!
Anthony Côté
Anthony Côté

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Le défi de la pérennisation des sentiers de plein air

Anthony Côté – Le 24 octobre 2018, une rencontre avec certains organismes de plein air des Laurentides a mis en lumière les problèmes de pérennisation des sentiers non motorisés dans la région.

La SOPAIR est un organisme de consultation et de concertation, fondé par la MRC des Pays-d’en-Haut en 1998 sous le nom de Société du Parc régional des Pays-d’en-Haut, pour devenir la SOPAIR (Société de plein air des pays) en 2014. Sa mission est d’assurer la conservation, la pérennité, l’accès et le développement des sentiers de plein air et autres espaces récréatifs sur le territoire de la MRC des Pays-d’en-Haut.

Comme la précarité des sentiers récréatifs est commune dans la région des Laurentides ainsi qu’ailleurs dans la province, ses initiatives – telle la Politique de protection et d’accès aux sentiers  l’ont fait connaître à travers le Québec. Comme je le mentionnais dans mon dernier article, le sentier de ski nordique Maple Leaf partait jadis de Prévost pour se rendre à Labelle. C’est principalement la nature historique du ski nordique dans la région qui a été la raison d’être de l’organisme.

L’invitation à la rencontre du 24 octobre a été lancée par Plein air Sainte-Adèle (PASA) et parrainée par la SOPAIR. Elle a permis de réunir huit organismes de plein d’air avec l’objectif de partager les bonnes pratiques et les expériences de tous. À écouter les intervenants parler de leur expérience de pérennisation des sentiers, il est plus qu’évident que malgré l’aide de la SOPAIR et la coopération de leur municipalité, ce n’est pas une mince affaire ! Pour certains, le principal problème est le manque de bénévoles « gestionnaires ». Pour d’autres, c’est la reconnaissance de leurs compétences par leur Municipalité, ou encore de ne pas être consultés par les promoteurs dans des projets de lotissement sur des terrains sillonnés par des sentiers existants. Cette étape a été heureusement franchie dans quelques cas grâce à la collaboration du Service d’urbanisme de leur Municipalité et de la SOPAIR.

Un défi de taille

Sans contredit, un des plus grands défis reste la signature d’entente de passage par les propriétaires. Pour certains organismes, cet obstacle à la pérennité des sentiers semble insurmontable. Cette démarche demande de la patience et de la persévérance. Autrefois, les sentiers se faisaient sans demander de permission officielle; maintenant les propriétaires terriens sont souvent incrédules lorsqu’on leur propose une entente écrite qui leur dit : « Vous pouvez y mettre fin si vous décidez de lotir ou de vendre votre terre ! »  Même si cette entente est relativement de courte durée (un ou deux ans), elle leur permet d’établir des obligations tant pour les usagers que pour l’organisme gestionnaire. Celui-ci s’engage à garder le propriétaire informé des travaux à réaliser (aux frais du gestionnaire). Une entente éphémère vaut toujours mieux qu’aucune entente et elle se fait dans le respect du propriétaire terrien. De plus, ces propriétaires ne sont pas toujours conscients que leur Municipalité de la MRC des Pays-d’en-Haut s’est engagée à considérer la présence des sentiers lors du lotissement. De par la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme, toute Municipalité ou Ville peut déjà exiger le transfert d’un pourcentage de l’aire totale de la terre à développer pour fin de « Parcs et terrains de jeux ». Cette exigence est généralement de l’ordre de 10 %. Cette exigence est aussi monnayable, mais plusieurs Municipalités ont été sensibilisées au fait qu’il s’agit d’une occasion d’acquérir des espaces pour le plein air. Avec cette banque de terrains, il devient donc possible de créer une emprise de sentiers continue et d’y aménager des sentiers dans le nouveau lotissement tout en procurant une valeur ajoutée au projet résidentiel. Ceci peut exiger de déplacer un sentier original, mais c’est le compromis nécessaire pour pérenniser un réseau de sentiers de plein air.

Être créatif

Une utilisation créative de ce règlement d’urbanisme a été faite par la Municipalité de Sainte-Anne-des-Lacs, qui a transféré 10 % requis d’un lotissement sans sentiers de plein air vers un lotissement avec sentiers. Le promoteur du secteur sans sentier à acheter un lot sur lequel il y avait des sentiers à protéger pour ensuite le céder à la Municipalité. De par la grandeur du lot transféré (8000 m2), cette dernière peut désormais y aménager un stationnement pour les usagers des sentiers en plus de créer un point d’accès aux sentiers ! Une telle initiative est un exemple de la collaboration préconisée par la SOPAIR !

http://lespaysdenhaut.com/wp-content/ uploads/2017/09/Politique-sentiers.pdf

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