Prévost vire au vert

Joey Leckman, conseiller à la Ville de Prévost

Émilie Corbeil

Journaliste stagiaire chez Journal des citoyens

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Consultation et information sur le virage vert

Émilie CorbeilLe 23 avril dernier, dans le cadre d’une consultation publique, la Ville de Prévost présentait plus en détails les tenants et aboutissants de son virage vert, un projet que l’on veut beaucoup plus ambitieux qu’une simple politique et qui invite chaque citoyen à devenir un acteur clé dans l’atteinte des objectifs qui sont fixés. L’initiative présente sept axes d’orientation et se décline en cinq temps. Elle a pour thème « Chaque geste compte » et est portée par toute une équipe au sein de la ville.

Premier temps : les services municipaux

En 2019, c’est l’administration municipale elle-même qui relève le défi environnemental. Joey Leckman, conseiller en charge du dossier, a mentionné que la décision fut prise de commencer à prêcher par l’exemple. Ainsi, on se débarrasse des bouteilles d’eau et on cesse d’avoir recours à de la vaisselle jetable lors des événements organisés par la ville.

Toute la flotte de véhicules de service sera d’ailleurs entièrement électrique, exception faite d’un gros modèle qu’on a dû choisir sur le mode hybride.

Un chargé de projets a été embauché afin de piloter le virage, et un soin particulier est apporté à identifier et à corriger certaines pratiques, par exemple, lors du nettoyage des rues au printemps. Si, traditionnellement, le gravier était ramassé et amené à un dépôt se trouvant à une bonne distance, il est désormais déposé à proximité pour être transporté vers le lieu final une seule fois et en plus grande quantité, réduisant ainsi les coûts et l’empreinte environnementale dus au transport. Par ailleurs irrécupérable pour être remis comme abrasif les années suivantes, ce gravier pourra servir autrement et le tout est à l’étude présentement.

Deuxième temps : habitations et commerces durables

L’année 2020 sera celle des habitations et des commerces durables. Questionné à savoir si les importants développements commerciaux an-noncés récemment étaient conciliables avec le virage vert, monsieur Leckman a précisé que les visées du plan n’étaient pas de freiner le développement mais bien de l’orienter afin d’en diminuer les impacts au maximum. L’installation de nouveaux commerces sur le territoire crée des emplois de proximité et permet aux consommateurs de combler leurs besoins sans avoir à faire d’importants déplacements.

Les plans d’implantation sont par ailleurs évalués au regard du virage que l’on souhaite opérer et le comité d’urbanisme veille au grain. Toits blancs, récupération de l’eau de pluie, diminution du ruissellement et autres considérations sont désormais pris en compte et des plans non conformes ont déjà fait l’objet de refus. Les promoteurs ont été invités à retourner à la table à dessin.

En route vers 2023

En 2021, les changements climatiques et l’agriculture urbaine seront au centre des préoccupations. En 2022, ce sera le tour de l’eau et des milieux naturels, pour finir en 2023 par des exercices de consolidation, de concrétisation ou de finalisation des initiatives qui auront cours. Les sept axes d’orientation qui ont été adoptés sont la mobilité durable, la qualité de l’air et la réduction des GES, la consommation responsable et l’achat local, la gestion durable de l’eau, la protection de la biodiversité et des ressources, l’aménagement, l’énergie et les infrastructures et finalement, la gestion des matières résiduelles.

Chaque geste compte

Le thème du virage insiste sur l’importance de la participation citoyenne. En effet, Joey Leckman a souligné l’importance de voir tous les Prévostois mettre la main à la pâte. En comprenant que chaque geste compte, il devient plus motivant de faire sa part et d’accepter les changements de pratique qui sont imposés. Dès 2020, les sacs de plastique disparaîtront des commerces. En automne, ceux qui servent à recueillir les feuilles mortes ne seront plus ramassés. Ces dernières devront être mises dans des sacs en papier qui seront compostés plutôt qu’éventrés pour ensuite prendre le chemin du dépotoir.

Souvent, ce sont de petits changements qui, additionnés les uns aux autres, font toute la différence au bilan environnemental. Dès lors, il est primordial que la population choisisse de participer plutôt que de résister. Si le fait d’adopter de nouvelles habitudes présente son lot de défis, il est nécessaire de prendre la mesure de ce qui adviendra si rien n’est fait.

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