Leçons de la pandémie

Journal des citoyens - la distanciation

Une illusion vite désillusionnée

Jacinthe Laliberté – Nous avons tous vécu le confinement avec des états d’âme en montagnes russes selon le moment et les conférences de presse du triumvirat Legault, Arruda et Mc Cann. La leçon que j’ai retenue : l’impact du comportement des autres lors d’une situation où allocentrisme va de pair avec empathie.

Un confinement sans faille ?

Dès les premiers balbutiements du virus dans le monde, nous étions aux aguets. Le rapatriement de notre fils handicapé qui vivait à Montréal s’imposait pour lui qui, avec un système immunitaire affaibli par des conditions médicales particulières reliées au syndrome de William, se retrouvait dans la catégorie des gens à risque.

Vivre à Sainte-Anne-des-Lacs nous assurait une sécurité autre que celle de vivre dans une agglomération plus importante. 

Erreur ! Malgré les consignes émises par le ministre François Legault de ne pas se déplacer entre les régions, malgré les barrages routiers aléatoires, malgré la demande de ne pas se rendre à sa résidence secondaire les fins de semaine, malgré l’interdiction de location de chalet ou AIRBNB et malgré la très forte recommandation, voire l’ordre masqué de ne pas se rassembler, certaines personnes ont démontré un manque flagrant du respect des règlements.  

Saluer seulement deux personnes sur un parcours de 10 km en furetant quelque peu vers les maisons vides de toute activité humaine lors de nos marches quotidiennes nous faisait nous sentir en sécurité et nous confirmait dans notre détermination de suivre des consignes qui, dans notre naïveté, se devaient d’être suivies par tous. 

Nous vivions, les fins de semaine, une toute autre réalité. Louvoyer entre les dizaines de personnes qui marchaient ou qui joggaient sur les chemins de notre petite municipalité en essayant de garder le deux mètres de distanciation, revoir les mêmes maisons où, cette fois-ci, plus de quatre voitures étaient stationnées dans une même entrée, entendre les éclats de rire de personnes qui « faisaient le party » ne nous procurait plus cette confiance si durement acquise.

J’entends cette phrase célèbre du premier ministre Legault : « Je félicite les Québécois qui, en respectant ainsi les consignes, nous aident à combattre le COVID-19 ». Quelle désillusion ! 

Finalement, le déconfinement fut à nos portes. Au regard d’un confinement simulé et à saveur de déconfinement que j’ai vécu, la question demeurait : « Comment se déroulera, dans les faits, le déconfinement progressif tant annoncé ? »

Faisons place au déconfinement

Comment prendre au sérieux ces consignes de déconfinement progressif dont l’application fut laissée au bon jugement de personnes qui, au départ, n’ont pas saisi l’importance et l’urgence du confinement?  

Les manifestations qui ont provoqué une hystérie mondiale ont brisé toutes les règles de l’art. Plus rien ne tenait. Prostrée devant mon écran, mon cerveau était en ébullition. Le ceci s’ajoutait au cela. 

S’est ajoutée, lors d’une annonce ministérielle, la permission de se réunir dans des lieux privés intérieurs à la condition de ne pas dépasser le nombre maximal de 10 personnes provenant de trois maisonnées différentes. C’était le nec plus ultra. 

Vous êtes sérieux ? Dans mon petit coin de pays, la réalité était tout autre. La vie était revenue à la normale depuis longtemps. 

Comment procéder à un doux et lent déconfinement ayant comme seul but de nous remettre les neurones à la bonne place et de se garder un tant soit peu une sécurité relative ? Est-ce que tous nos efforts seront vains ?

Adieu masque, couvre-visage, règles de distanciation, règlements de protection stricts particulièrement dans les commerces ! 

Mes questionnements sont-ils légitimes?

Quant à moi, je regarde tout cela de loin et je surveille la courbe de M. Arruda en continuant de porter mon masque lors de mes sorties, en respectant les deux mètres de distanciation et en me lavant les mains le plus souvent possible. 

En définitive, je suis moins amère. L’humain est ainsi fait : il s’habitue à tout.

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