Portrait d’Edgar Knight

Journal des citoyens - peinture d'Edgar KnightDenise Leduc, peintre et M. Edgar Knight – Photo : Jacinthe Laliberté
Jacinthe Laliberté
Les derniers articles par Jacinthe Laliberté (tout voir)

Hommage à l’homme au sourire

Jacinthe Laliberté – Toujours dans la poursuite du projet « Hommage aux aînés de Sainte-Anne-des-Lacs », Denise Leduc, peintre portraitiste et animalière, s’est jointe au groupe d’artistes du Collectif des Artistes des lacs pour honorer, cette fois-ci, M. Edgar Knight, un Annelacois de longue date.

« L’homme au sourire » – tel pourrait être intitulé le tableau de ce résident de souche dont la famille fit partie des descendants bâtisseurs de cette petite Municipalité. 

Constamment attirée par la nouveauté, Denise Leduc a le projet d’aller encore plus loin dans son art et de combler un de ses souhaits : exposer ses œuvres au sein de sa communauté. Denise a traduit, en ces termes, les raisons de sa collaboration : « Comme on n’avait pas de stimulant depuis le début de la pandémie, je trouvais intéressant d’avoir un thème en groupe et de pouvoir se retrouver autour de ce thème. Quelque part, tout artiste a besoin de petits projets comme celui-ci pour se nourrir ».

Une belle rencontre

Ainsi donc, l’été dernier, une rencontre entre l’artiste et le modèle fut organisée dans le décor champêtre de la maison ancestrale de M. Knight. S’imprégner du vécu de cet homme, marqué fortement par l’histoire, lui permettrait d’utiliser avec plus de justesse les atouts nécessaires à la réalisation du tableau. 

« Edgar Knight et sa fille Susan m’ont raconté l’histoire de la famille Tucker et Cameron, qui remonte au temps de la colonisation. Ce fut un récit très passionnant qui a soutenu ma démarche ».

Âgé de 88 ans, Edgar est arrivé à Sainte-Anne-des-Lacs vers 1954 à l’âge de 21 ans. Son cœur prenant femme et pays, il s’installa avec sa dulcinée, Margaret Tucker, dans la maison ancestrale de la famille Tucker érigée, à l’époque, sur le rang de la Côte Saint-Godefroy. Il y réside, encore, avec sa fille Susan. 

Pour ce dernier, l’arrivée des grands-parents de son épouse, Dorothy Glen Tucker Cameron et Allen Cameron, qui firent partie de la vague des premiers arrivants à Sainte-Anne-des-Lacs vers 1902, est évocatrice de doux souvenirs.

Il ne suffit que d’un regard

Sensible à la fierté qu’Edgar retirait de poser pour une artiste peintre, Denise a su saisir, sur le moment, cette allure coquine de M. Knight. Assis sur une chaise installée dans un coin de sa galerie, l’homme se laissa conduire par l’artiste qui voulait capter regard, tenue et caractère, atouts indispensables à l’atteinte du réalisme qu’elle a su si bien transposer, par la suite, sur sa toile. 

Percevoir le regard d’un homme dont la vie avait été aussi bien remplie était d’une importance capitale. Parce que pour Denise, le regard est aussi la profondeur de l’âme qu’elle s’amuse à saisir du bout de son pinceau.

« Je pense avoir un don pour les regards et les expressions. Je reçois beaucoup de commentaires disant qu’il y a de la douceur et de la sérénité dans mes toiles, » a expliqué Denise, elle aussi, empreinte d’un petit regard vif.

Tout le long de sa vie, Edgar Knight a mis à profit cette grandeur d’âme au bénéfice de la communauté anglophone de Sainte-Anne-des-Lacs. Il fut président de l’Association du lac Marois et du Country Club du lac Marois pendant plusieurs années ainsi que Fidéicommissaire du lac Marois Union Church. 

Des défis plutôt que des problèmes

Souvent, on peut penser que c’est le visage qui peut présenter des défis lors de la réalisation d’un tel tableau. Pour Denise, un visage n’est pas une difficulté et encore moins pour ce portrait. Cependant, au fur et à mesure que le travail avançait, la portraitiste a dû affronter deux grands défis : l’exécution de la chemise et du chapeau. 

Selon elle, le premier s’est présenté lors de la réalisation de la chemise. Tout était dans les ondulations, les courbes, les plis et les ombres, tout en tenant compte des lignes. Quant au chapeau, deuxième défi, elle a dû jouer avec la texture, la paille étant l’obstacle à franchir. Il lui fallut six étapes pour accomplir le travail.

Finalement et de toute évidence, le décor de la forêt de plus de 3 000 arbres plantés par M. Knight, en arrière-plan, ne fit que rehausser l’éclat de ce portrait. Les paysages habillent et décorent les lieux, ce qui fut confirmé par l’artiste.

« Mon défi est de rendre le personnage plausible et réaliste », a conclu Denise. En jetant un regard sur cette œuvre, on ne peut qu’en faire le constat.

Un projet signifiant pour les deux

Lors de la remise de son portrait, très ému, Edgar Knight n’avait que ses mots pour décrire son admiration pour l’artiste : « Dear Denise, Oh ! Dear Denise ». Il accepta, avec honneur, la toile qui se retrouve bien à la vue de tous.

Quant à Denise, elle repartit avec une bouteille de ce bon sirop d’érable recueilli dans l’érablière familiale, achetée au début de la colonisation.

Imprimer