Hommage à Gilles W. Pilon

hommage! Journal des citoyensLise T. Potel et Gilles Pilon tiennent fièrement entre leurs mains le portrait réalisé par l'artiste peintre de cet amant de la nature photographié dans son havre de paix. – Photo : Jacinthe Laliberté
Jacinthe Laliberté
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Portrait d’un amant de la nature

Jacinthe Laliberté jacinthe.laliberté@journaldescitoyens.ca – Dans le cadre du projet Hommage aux ainés conçu par Philippe Faucher, responsable du Collectif des artistes des Lacs, Lise T. Potel, peintre de ce groupe, a réalisé le portrait de Gilles Pilon, un Annelacois connu de tous pour son engagement.

Lise T. Potel, artiste peintre, est « une touche-à-tout ». Passionnée de la nature, ses sources d’inspiration sont la flore, la faune et les animaux. Elle adore exploiter différents médiums passant du pinceau à la spatule. Tout un monde de couleur et de texture se profile sur ses toiles.

Celle-ci ne se dit pas portraitiste pure, mais elle aime peindre des personnages. Élève de Jean-Paul Ladouceur qui fut un de ses principaux mentors, elle a découvert, avec ce dernier, que chaque nouveau tableau était une aventure.

Connaissant Gilles W. Pilon et Marie-Andrée Clermont, son épouse, elle fut enchantée par la proposition de Philippe Faucher. Réaliser le portrait de monsieur Pilon raviva une complicité quelque peu oubliée. Lise avait, dans le passé, illustré la page couverture de quatre des livres de Marie-Andrée qui écrivait des romans pour la jeunesse. 

Ironiquement, Gilles n’était pas très chaud à participer à ce projet n’aimant pas l’idée d’être « affiché » sur une toile. Pour Lise, il en allait tout autrement. Elle décrit ainsi son modèle : « Gilles est un très beau sujet. Il est philosophe, il a beaucoup de charisme et de sagesse. Quand il parle, les gens l’écoutent. »

Des origines de villégiateur

L’histoire de la Municipalité démontre que les villégiateurs de l’époque ont été artisans de la fondation de Sainte-Anne-des-Lacs tout autant que les familles de nouveaux arrivants fuyant la rébellion. « Quand j’ai pris possession de ma maison actuelle, j’ai découvert que mon grand-père avait eu un chalet sur le chemin des Cèdres, au bord du lac Guindon en 1940. Sans le savoir, nos racines étaient ici. Elles n’étaient pas très creuses, mais tout de même, elles y étaient », de relater Gilles pour confirmer ces éléments de l’histoire.

Se disant un p’tit gars de la ville et non de la campagne, il aimait, tout de même, la nature et particulièrement celle où il avait établi ses assises. Progressivement, sa petite famille s’est intégrée à la communauté. Il le confirme ainsi : « Nous avons appris beaucoup de choses au sujet de la nature et ce sont les gens d’ici qui nous les ont montrées. Ils disaient gentiment qu’ils ne voulaient pas que les nouveaux venus de la ville fassent des gaffes ».

Désirant voir si la vie dans ce petit village qu’il connaissait à peine serait l’option idéale, son premier été en fut une d’observation des oiseaux et de la nature. Résultat, il prit possession de sa maison en faisant connaissance avec les mouches noires.  

Au service de l’environnement

Ingénieur civil, Gilles W. Pilon travailla en génie routier, domaine qui s’apparentait quelque peu à l’environnement. Plus tard, ses études en finance, en marketing et en gestion l’ont amené à étudier des problématiques environnementales. À sa retraite, poursuivre dans cette voie allait de soi.

Ses débuts se firent avec l’Association des citoyens du district de Sainte-Anne-des-Lacs, très active dans le domaine de l’environnement. Plus tard, membre du conseil d’administration d’Abrinord et du CRE Laurentides, il créa, avec l’aide de ces deux organismes, lors de la crise des cyanobactéries, le COGESAM, connu maintenant sous l’acronyme de l’ABVLACS pour lequel il fut président pendant cinq ans. 

À cette liste se sont ajoutées des participations à divers comités notamment ceux des Services de l’Environ-nement et de l’Urbanisme de la Municipalité, de la Politique culturelle, de la Politique de la famille et des aînés, et tout récemment, à celui de la Politique de l’environnement. 

Son bénévolat le renforçait dans son amour de la nature et de sa municipalité. Tout ce qui était environnement l’attirait, tout ce qui se passait dans le village, l’intéressait. 

Loin de rechercher la reconnaissance, il fut toutefois récipiendaire de la médaille du Lieutenant-Gouverneur du Québec. « Faire du bénévolat dans un contexte où tout le monde se connaît devient intéressant. Ici, il y a une communauté extrêmement riche. » 

Et le portrait 

Après un certain temps d’hésitation, M. Pilon a finalement accepté que Lise Potel fasse son portrait comprenant que c’était un honneur qu’elle lui faisait. 

Pour son œuvre, la peintre préféra le pastel, un médium très sensible. Couche après couche, elle a pu explorer et définir son modèle. Pour Gilles Pilon, ce fut instinctif. 

Ses yeux l’ont particulièrement inspirée. « Il a un beau regard et dégage un calme exceptionnel. Toute sa personne en fait un modèle très remarquable. Les rides que l’on appelle les sillons de la vie sont des traits intéressants à peindre. C’est ce qui fait sortir le beau du modèle, de la personne », d’expliquer Lise T. Potel.

M. Pilon est déjà en possession de son tableau. L’exposition initiale ayant été annulée, Lise ne voulait pas attendre trop longtemps avant de le lui remettre. Plus que ravi du résultat, il qualifie le portrait d’un très beau travail et accepte de le « prêter » à l’artiste pour la future exposition Hommage aux ainés.

Gilles W. Pilon est un modèle vivant, non pas seulement pour une artiste, mais aussi pour sa communauté alors qu’il a toujours participé à la protection de la « Nature à l’état pur ».

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