Un temps d’arrêt pour le développement 

Dans la foulée des rencontres citoyennes à Sainte-Anne-des-Lacs

Jacinthe Laliberté – Dans la série de ses rencontres citoyennes, le Conseil Municipal de Sainte-Anne-des-Lacs conviait dernièrement ses résidents à une séance d’information afin de leur exposer tous les considérants en lien avec la modification de son plan d’urbanisme.

Le contrôle intérimaire

Selon le ministère des Affaires municipales et de l’Habitation (MAMH), le contrôle intérimaire permet d’agir immédiatement dans l’aménagement et le développement du territoire afin d’empêcher l’amplification de certains problèmes. Cette mesure donne également le temps de dégager des orientations. Il s’agit d’un pouvoir exceptionnel. 

Selon les informations mentionnées, le Conseil souhaitait fortement adopter un tel règlement qui lui permettrait de mettre sur pause le développement, et ce jusqu’à l’entrée en vigueur d’une nouvelle réglementation de l’urbanisme. À la suite de l’adoption du contrôle intérimaire s’ensuit une suspension de la construction des nouvelles routes, des projets intégrés et de l’exploitation forestière sur le territoire. 

Étant en vigueur depuis une dizaine d’années, le plan de l’urbanisme se devait d’être révisé. Helen Morrison, conseillère présente à la rencontre, a souligné que la Municipalité devait se prêter à l’exercice d’une révision de ses règlements à tous les cinq ans, nonobstant une pression reliée à une pause du développement. Elle s’est expliquée en ces termes : « Les membres du Conseil ont décidé de se laisser le temps de réfléchir sur l’orientation quant à la façon dont le développement sur notre territoire sera géré ». 

Qu’en est-il du développement?

Les explications données au cours de cette soirée ont suscité nombre de questions de la part des personnes présentes. Christine Valiquette, directrice du service de l’Urbanisme, qui présidait la rencontre, a bien voulu apporter des précisions. Selon elle, il est impossible d’aborder le développement comme il y a 15 ans. À cette époque, les terrains qui étaient disponibles au développement, n’étaient pas localisés aux mêmes endroits, n’étaient pas du même type et ne représentaient pas les mêmes contraintes et enjeux que les terrains qui sont, présentement, potentiellement développables. Au cours des deux années de la pandémie, ce fut la ruée vers les petites Municipalités des Laurentides. Achats et ventes de maisons ainsi que de terrains, ce fut une époque d’abondance pour ces Municipalités. 

Des statistiques impressionnantes 

Lors de la présentation du tableau « Nombre de constructions », la réalité fut toute autre. Concrètement, en 2021, soixante et une nouvelles maisons ont été construites, et ce sans compter les terrains destinés au développement de projets domiciliaires évalués à une dizaine, voire une trentaine.

« Ces données témoignent de la nécessité de recueillir les informations nécessaires pour approfondir la connaissance du territoire et déterminer quels seront les facteurs à prendre en compte pour un meilleur encadrement », a tenu à spécifier Christine Valiquette.

Lors d’une rencontre téléphonique avec Mathieu Langlois, directeur du service de l’Environnement, pour obtenir de plus amples informations quant à l’exploitation forestière, celui-ci a expliqué que la réglementation de la Municipalité relative à ce domaine était désuète. Il a commenté ainsi le sujet : « Cette pause permettra de mieux encadrer les exploitations forestières privées puisque nous en avons quelques-unes à Sainte-Anne-des-Lacs ».

La capacité d’accueil du territoire

Selon la directrice du service de l’Urbanisme, le nombre de terrains à construire sur le territoire de Sainte-Anne-des-Lacs est une donnée inconnue pour l’instant. Cette estimation est complexe à établir, particulièrement, depuis l’entrée en vigueur de la réglementation qui exige une superficie minimale constructible de 4 000 m2.

De plus, elle souligne que la capacité d’accueil du territoire ne repose pas que sur une superficie minimale, mais aussi sur des éléments plus pointus comme l’emplacement des lots par rapport aux lacs et cours d’eau (notion de bassin versant) ainsi que ceux qui présentent de fortes pentes. Comme il a été déjà mentionné, recueillir le plus de données possibles sera la manière idéale de connaître la capacité réelle du territoire et qui, plus est, de répondre aux conditions de chacun des secteurs.

Un échéancier réaliste

« La réglementation se doit d’être au-devant des demandes et non pas en réaction à ce qui se passe. La nouvelle démarche de planification du territoire se déroulera jusqu’en 2023. Nous avons un grand chantier devant nous, mais nous sommes confiants puisque nous disposons de bons outils pour y arriver », d’expliquer la directrice du service de l’Urbanisme.

Une jeune citoyenne impliquée

Maxandre Choquette, jeune citoyenne de 13 ans, présente à la rencontre, a, en ces termes, exprimé la pensée des citoyens : « Il ne faut pas perdre de vue que les décisions qui seront prises aujourd’hui auront un impact sur les générations futures. Est-ce qu’un plan d’urbanisme tient compte des impacts qui auront lieu dans 20 ans? C’est notre futur à nous les jeunes ». Christine Valiquette a voulu la rassurer : « Au-delà de la loi, c’est avant tout la volonté politique qui fait en sorte que les révisions aient lieu tous les cinq ans. Rien ne vaut une population qui suit de près les décisions du Conseil ».

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