- Corvée d’automne - 20 novembre 2025
- Entretien des sentiers - 20 novembre 2025
- Nos sentiers de plein air - 16 octobre 2025
Résister aux assauts de la météo extrême
Anthony Côté – Les changements climatiques sont à nos portes. Les sentiers de plein air existants comme les aménagements futurs doivent pouvoir résister aux assauts de la météo extrême. La pérennisation de sentiers doit inclure l’acceptabilité sociale. Des outils ont été développés pour être à la hauteur de ces défis.
Dans l’article du mois de mai, la méthode générale a été présentée pour le développement de sentiers durables. L’Institut des Territoires a établi 16 principes à valider dans trois sphères de développement durable.
Dans un projet donné, un des principes a souvent préséance sur les autres. Sans mettre de côté les restants, celui ayant préséance est attaqué en priorité pour s’assurer qu’il peut être satisfait convenablement. Un cas d’espèce où les principes environnementaux ont préséance est la révision du tracé d’un sentier de ski de fond existant où l’érosion du sol et l’hydrologie du site dominent (la Johannsen Est à Sainte-Adèle).
Il débute avec le volet exclusion/atténuation par une étude de la fragilité du territoire sur le plan hydrologique. Ici, un logiciel mis en ligne par le ministère des Ressources naturelles (gouvernement du Québec) permet d’évaluer de façon précise les variables terrain : le Lidar1. La technologie Lidar permet de fournir avec précision des informations telles que l’altitude du sol, la hauteur du couvert forestier (canopée), les pentes et les courbes de niveau. La précision du Lidar est souvent suffisante pour entrevoir des ruisseaux intermittents2. De plus, il permet de créer des cartes de classement des pentes : une couleur spécifique selon la pente fait ressortir une gradation. Elle permet aussi une gradation du taux d’humidité du sol ou du couvert forestier.

Pour le projet qui nous concerne, les critères à considérer simultanément sont :
Les variables topographiques :
- Les dénivelés et les pentes.
- Inclinaison de la pente arrière (la pente du sentier vue en descendant).
Les dépôts de surface et le régime hydrique du sol
- La composition du sol de surface (limon, sable, gravier, humus, etc.)
- Les lacs, les marais et les tourbières.
- Le sol humide, le sol frais, le sol sec.
Le patron d’écoulement de l’eau de surface
- Ici, une grille de vulnérabilité du sol est disponible dans l’excellent Guide de saines pratiques forestières dans les pentes du Québec3, nous incite à éviter les lignes d’écoulement convergentes.
Quand toutes les informations sont colligées sur une même carte, les faiblesses du sentier existant (trait jaune pointillé) deviennent visibles et des alternatives ressortent; tout ceci sans avoir arpenté le territoire et à l’intérieur de quelques heures. Sachant clairement les contraintes du territoire, la visite subséquente des lieux a permis de valider des alternatives sur certaines sections du sentier. Parmi les conclusions tirées de ces cartes, nous pouvons constater que des sections du sentier existant pour accéder au sommet no 1 devraient être relocalisées. Avec les changements climatiques, il y aura des problèmes d’érosion dans ceux-ci. De plus, avec les changements climatiques des contraintes supplémentaires ont été ajoutées à l’aménagement du sentier de ski de fond dont zoner les versants sud et les zones ouvertes dénudées (coupe à blanc) comme vulnérables à la fonte rapide de la neige au printemps.




Le mois prochain, la préséance sera donnée aux habitats fauniques et floristiques (des sites sensibles et des habitats reconnus du Mont Kaaikop).
1. Lidar : Light Detection and Ranging
2. Un ruisseau intermittent prend vie au printemps ou après un gros orage.
3. Guide de saines pratiques forestières dans les pentes du Québec, Ministère des Ressources naturelles, Gouvernement du Québec, 1998
