La population en otage

Groupe de citoyens venus manifestés devant le bureau de la députée Sonia Bélanger à Prévost le 4 juin dernier – photo courtoisie
Michel Fortier
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Santé et services sociaux Laurentides

Michel Fortier

Communiqué de Lise Boivin, porte-parole RCSL

La FIQ-SPSL, la CSN et l’APTS, représentant plus de 17 000 travailleurs en santé des Laurentides, s’unissent au Regroupement des citoyens en santé (RCSL) pour dénoncer l’inaction des ministres Éric Girard (Finances), Sonia Bélanger (Santé) et Benoit Charrette (Environnement) face au sous-financement chronique du réseau régional, aux retards des projets hospitaliers et à la privatisation croissante des services.

Dans la semaine du 2 juin, des membres de cette coalition se sont présentés devant les bureaux des trois ministres pour exiger des engagements clairs.

Une région oubliée

La population des Laurentides a doublé en 25 ans, devenant la 4e plus grande région administrative du Québec avec 7,5 % de la population. Pourtant, son réseau de santé ne reçoit que 4,5 % du budget provincial, soit un manque à gagner de plusieurs centaines de millions de dollars chaque année. À cela s’ajoutent des compressions récentes de 34,8 M$ imposées par Santé Québec.

« Les effets de ce sous-financement sont connus et documentés », rappelle Lise Boivin, porte-parole du RCSL. « Et pourtant, malgré les engagements répétés du premier ministre depuis 2018, les projets de modernisation sont encore repoussés. »

Hôpitaux vétustes, patients en danger

Le cas de l’Hôpital régional de Saint-Jérôme (HRSJ) est éloquent : rapport accablant de la vérificatrice générale, installations obsolètes, risques d’infection, organisation déficiente du transport des patients. Et ce projet est en attente… depuis 2001. « Quatre des six hôpitaux des Laurentides comptent parmi les dix plus vétustes du Québec », ajoute Julie Daignault de la FIQ-SPSL. Pourtant, malgré une motion unanime à l’Assemblée nationale en mai 2021 reconnaissant l’urgence de la situation, les projets de modernisation à Saint-Jérôme, Mont-Laurier et Saint-Eustache ont encore été repoussés.

Le dernier Plan québécois des infrastructures prévoyait un démarrage des travaux en 2025. Mais les récentes déclarations du ministre Dubé, priorisant soudainement l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, laissent craindre un énième recul.

Une logique absurde et injuste

Déplacer les budgets prévus pour les Laurentides vers d’autres régions aggrave l’injustice. « Déjà, plus de 30 % des patients des Laurentides doivent être soignés ailleurs, notamment à Montréal, faute de ressources suffisantes ici », s’insurge Marie-Claude Bérubé, de l’APTS.

Cette approche centralisatrice, qui favorise les soins en silo, va à l’encontre d’un développement durable et équitable du réseau de la santé. Elle épuise le personnel, démoralise la population et entretient un système à deux vitesses.

Des élus trop silencieux

Nous n’apercevons toujours aucune pelle mécanique à l’HRSJ, ni à Saint-Eustache, ni à Mont-Laurier. Le silence des députés régionaux et des ministres concernés devient inquiétant.

C’est pourquoi nous avons interpellé, en personne, monsieur Éric Girard, député de Groulx; madame Sonia Bélanger, députée de Prévost et ministre responsable de la région; ainsi que monsieur Benoit Charrette, député de Deux-Montagnes. Nous leur demandons :

  • un financement équitable à hauteur de notre poids démographique;
  • l’arrêt immédiat des compressions budgétaires;
  • le lancement sans délai, à l’automne 2025, des projets de modernisation des trois hôpitaux régionaux.

Nous avons assez attendu. Le temps des promesses creuses est révolu. C’est maintenant qu’il faut investir dans la santé des Laurentides.

NDLR : Nous avons pu constater que des prises de sang sans frais sur Clic-santé sont reportées à plus d’un mois, que des demandes pour voir un médecin pour des problèmes de santé moyennement graves ne provoquent pas de réponse et que notre clinique de santé Mères et monde de Prévost ne vous accueille que si vous avez obtenu un rendez-vous de Clic-santé qui ostensiblement ne fonctionne pas très bien. Pour toutes ces raisons, nous croyons utile de publier ce texte.

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