Émotions en basses fréquences

Le contrebassiste Francis Palma-Pelletier et la violoncelliste Sophie Coderre – photo: Raoul Cyr
Carole Trempe
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Le duo Contracello

Carole Trempe – Dans la série Grands classiques, Diffusions Amal’Gamme présentait le duo Contracello le samedi 22 novembre 2025 à la salle de spectacle Saint-François-Xavier de Prévost. Des émotions en basses fréquences où la violoncelliste Sophie Coderre et le contrebassiste Francis Palma-Pelletier ont uni leurs voix graves.

L’association de ces deux instruments est originale. La contrebasse a un rôle traditionnel d’accompagnement ou d’ancrage harmonique, mais ici, elle est soliste en grande partie, aux côtés du violoncelle. Francis Palma-Pelletier est un contrebassiste hors du commun. Il impressionne par son jeu lyrique, raffiné et d’une virtuosité inhabituelle pour l’instrument. Il nous offre des moments d’une puissance expressive peu commune.

Le répertoire, volontairement diversifié, allant du baroque au romantisme, en passant par des tangos, des chansons populaires et des musiques de film visent à rejoindre un large public : Villa-Lobos, Kosma, Trenet, Aznavour, Rota, Vian. – Le programme repose sur les coups de cœur musicaux de nos deux artistes et il vise à mettre en valeur les sonorités riches et profondes de leurs instruments. D’ailleurs, le titre du concert évoque la présence importante de graves et d’un univers sonore enveloppant et riche en résonance.

Le risque d’un programme trop éclectique qui mélange chanson, film, classique est de diluer l’identité stylistique du concert. Mais les arrangements signés par le duo, finement conçus pour cette formation atypique, assurent une cohésion musicale et mettent en valeur la richesse harmonique des deux instruments. 

Le défi de projection sonore dans les registres graves aurait mérité une meilleure acoustique pour que la richesse des basses fréquences s’exprime clairement, afin de ne pas perdre le grain. En première partie du concert, il fallait vraiment tendre l’oreille et ajuster l’écoute. Après la pause, la balance s’est nettement améliorée, probablement grâce à un programme plus familier pour les interprètes.

Les musiciens ont démontré une belle complicité et leurs instruments ont entamé un dialogue sonore fort intéressant. Le violoncelle, à la texture claire et élégante, aurait gagné à offrir une expressivité plus marquée pour équilibrer la présence flamboyante de la contrebasse.

Une ombre supplémentaire : les interventions parlées, nombreuses et trop longues qui ralentissent le rythme du concert. Dans un concert comme celui-ci, faisons confiance à la musique. Elle crée elle-même un lien de proximité avec l’auditoire bien au-delà des mots.

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