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Assurer la survie de nos journaux
Joël Deschênes, président de l’AMECQ – Qu’adviendrait-il de nos médias s’ils étaient tous contrôlés par des entreprises américaines, ou s’ils devenaient la propriété d’un ou deux conglomérats ? Auriez-vous toujours confiance en eux ? Vous devez convenir que de telles situations seraient inacceptables.
Au rythme où vont les choses, cela risque cependant d’arriver, plus tôt que tard. La presse locale peine à survivre et quand elle aura disparu, il ne restera plus que quelques grands joueurs.
L’information locale indépendante, celle que les journaux communautaires produisent depuis des décennies, est pourtant essentielle à notre démocratie. Sans elle, il n’y aurait aucun contrepoids aux médias commerciaux et aux informations parfois partisanes, et des communautés entières perdraient leurs voix.
Depuis la COVID, les médias communautaires voient leurs revenus de publicité chuter – même le gouvernement s’est détourné d’eux, au profit de Meta, pour la publication de ses messages ! Ainsi, même avec les subventions reçues du ministère de la Culture et des Communications via le PAMEC (programme d’aide au fonctionnement des médias communautaires), nos journaux membres sont dans le rouge. Nous cherchons tous activement des solutions pour réduire leurs coûts, mais ceux-ci augmentent quand même.
Nous croyons que le gouvernement peut faire la différence, même en période de compressions. Les sommes totales nécessaires pour assurer la survie de nos journaux communautaires représentent une fraction infime du budget. Une hausse de 10 % du PAMEC et la reprise des publicités gouvernementales dans nos journaux seraient sans doute suffisantes.
Demeurant persuadé que vous serez sensible à notre requête, je vous prie d’accepter mes salutations distinguées.
Note
Cette lettre a été rédigée le 7 janvier dernier par le président de l’Association des médias écrits communautaires du Québec (AMECQ), Joël Deschênes, à l’attention du premier ministre du Québec, François Legault. Bien que celui-ci ait annoncé sa démission, elle ne sera effective qu’à la fin avril alors qu’un nouveau chef aura été élu au sein de la CAQ.
Nous avons choisi de la republier, estimant que les enjeux qu’elle soulève demeurent pleinement pertinents et devraient interpeller tout autant la personne appelée à lui succéder à la tête du gouvernement du Québec.
