La véritable protection des boisés

Affiche représentant le rôle de la forêt dans l’accès à l’eau. Cette affiche arbore les sentiers d’une des forêts impériale du Japon
Collaboration JDC
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Consultation de la MRC Rivière-du-Nord sur le Plan Climat

Maurice Gariépy, Association des Terres Boisées de Saint-Hippolyte – Mercredi, le 28 janvier dernier, j’ai assisté à la consultation de la MRC de la Rivière-du-Nord sur le Plan Climat. En table de concertation, on a eu l’occasion d’échanger sur les effets des GES (gaz à effet de serre), les moyens de les réduire, le réchauffement climatique, la biodiversité, etc.

Étant à la même table que notre mairesse, madame Poulin, et d’un conseiller monsieur Roy, cela nous a permis d’échanger avec des citoyens présents de Saint-Hippolyte et d’autres municipalités. Cela m’a également permis de discuter avec monsieur Lalande, préfet de la MRC. Ce dernier s’est montré en accord avec notre façon d’assurer la protection de nos milieux naturels. Voici le texte qui a été remis au préfet :

Comme les intervenants l’ont bien exprimé, nous faisons face aux changements climatiques de plus en plus observables. La réduction des G.E.S. est un objectif certain.

Les Municipalités de la MRC auront sûrement des pistes de solutions pour réduire ces G.E.S. en évaluant en autres : leurs infrastructures, les véhicules routiers, les édifices municipaux et le traitement des eaux et j’en passe.

En ce qui nous concerne, ce sont nos forêts qui nous préoccupent. Vous n’êtes pas sans savoir que près de 80 % du territoire forestier de Saint-Hippolyte est de propriété privée. Nos forêts peuvent être source de captation ou de dégagement de G.E.S., tout dépend de la santé de celles-ci et de l’énergie que l’on y consacre.

Les risques auxquels nous faisons face sont multiples : les feux de forêt, les vents violents, les maladies affectant nos arbres comme le hêtre que nous sommes entrain de perdre, l’érosion des sols, les plants envahissants et les espèces envahissantes tant au niveau de la faune que des micro-organismes étrangers.

C’est par la production de biodiversité que nous pouvons réduire ces risques. Des arbres malades sont source de dégagement de gaz carbonique. Une régénération de jeunes plants variés capte du gaz carbonique essentiel à leur croissance.

Des boisés laissés à eux-mêmes

Ce sont des activités sylvicoles bonnes pour l’environnement qui nous permettent d’atteindre ces objectifs. On voit des parcs publics qui se créent, comme le Parc des Falaises ou la réserve Alfred Kelly et bien d’autres. Il faut souligner le travail des bénévoles qui s’occupent des sentiers donnant accès au public.

Par contre, la forêt faisant partie intégrante de ces zones est complètement laissée à elle-même. Nous sommes en faveur de ces initiatives, mais cela nous désole de voir que l’on acquiert des terres privées à l’aide de subventions gouvernementales ou autres pour en faire des réserves ou parcs ayant pour but d’en donner accès au public et de supposément les protéger.

Ces territoires boisés sont laissés à eux-mêmes et j’inclus la faune face aux changements climatiques. Oui à ces espaces publics, mais acceptons les responsabilités qui viennent avec. Si on le fait, on pourra alors parler de véritable protection des boisés publics.

Pour plus de détails, vous pourrez prendre connaissance d’un article que j’ai publié récemment dans les journaux locaux qui s’intitule : La forêt… la grande oubliée. C’est exactement ce que l’on ne souhaite pas dans nos boisés privés.

C’est connu que la forêt a une grande capacité d’adaptation, mais elle a besoin de temps pour y parvenir. Avec les changements climatiques qui la bousculent, nous nous devons de l’aider, c’est-à-dire la rendre plus résiliente à ces changements climatiques.

Un outil important mis à notre disposition est un Plan d’aménagement forestier via les coopératives forestières qui sont chapeautées par le gouvernement. J’en possède un personnellement depuis plusieurs années, comme plusieurs d’entre nous.

Celui-ci, conçu par des biologistes et ingénieurs forestiers, nous permet d’avoir une vision complète de nos lots boisés. On fixe des objectifs à atteindre pour assurer la santé et la pérennité de notre boisé.

On identifie : les milieux humides, les différents peuplements forestiers, leur âge, les activités sylvicoles recommandées pour chacun de ces peuplements en tenant compte de la faune et les milieux sensibles, et j’en passe.

En ce qui concerne le développement immobilier, malgré le fait que la grande majorité d’entre nous ne sommes pas des développeurs, nous ne sommes pas contre un développement intelligent, structuré, c’est-à-dire un plan d’urbanisation qui favorise une meilleure protection du couvert forestier pour le bien-être de tous.

Cependant, je m’adresse ici plus particulièrement au préfet de la MRC. Comme je l’ai mentionné précédemment, Saint-Hippolyte possède un important couvert forestier. Je ne voudrais surtout pas que notre municipalité serve de zone tampon pour permettre à d’autres municipalités qui mettent l’accent sur le développement immobilier à tort ou à raison, là n’est pas la question, de façon que la MRC atteigne ses objectifs de protection de territoire souhaités par le gouvernement.

Nous ne désirons aucun plan de zonage qui viendrait mettre en péril le futur de nos boisés. Nous privilégions une solution participative avec nos élus(es) municipaux dans le but d’encourager et supporter les propriétaires de boisé à favoriser une saine gestion de leurs lots dans le but d’assurer la pérennité du couvert forestier.

Je termine avec ceci : humblement, c’est notre façon à nous de contribuer avec notre municipalité et notre MRC à atteindre leurs objectifs.

Nos forêts sont comme un jardin, il faut s’en occuper, tant au niveau des terres privées que des parcs publics. Les propriétaires de boisés sont les meilleurs gardiens des milieux naturels.

Je le répète souvent : la forêt est en amont de tout, c’est le filtreur de l’eau que nous consommons, de l’eau qui alimente nos lacs et rivières, même de l’air que nous respirons.

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