Les femmes et les enfants d’abord !

Darius et Tatie se prêtant au jeu, pour l’expérience de l’inondation des cabines du Titanic, lors de l’exposition Titanic, un voyage immersif ¬ photo: Lyne Gariépy
Lyne Gariépy
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Darius et Tatie

Lyne Gariépy – Dimanche le 25 janvier avait lieu la dernière journée de l’exposition Titanic : un voyage immersif, à la place Bonaventure. Mon filleul d’amour, Darius, sept ans, presque 8, mon amoureux Joanis et moi avons eu le plaisir d’en faire l’expérience.  

Assise avec Darius à l’arrière de l’automobile (à sa demande), en route pour Montréal, j’ai interrogé mon loup sur ses connaissances au sujet du Titanic. « Je sais que c’était un des plus grands bateaux de croisière et qu’il a fait naufrage en 1912, après avoir accroché un iceberg » qu’il me répond. « C’est bien mon grand, mais est-ce que tu sais ce qui s’est passé lors du naufrage ? As-tu regardé des bouts du film Titanic ? », que je lui demande. « Non Tatie. Peux-tu m’en raconter un peu ? », me dit-il. « Bien oui, mon loup. »

Et je lui raconte : « Après la collision entre le bateau et l’iceberg, les gens n’ont pas cru qu’il allait couler, car le Titanic devait être insubmersible. Mais quand ils ont réalisé le danger, et qu’il n’y avait pas assez de canots de sauvetage pour tout le monde, le capitaine a dit : « Les femmes et les enfants d’abord” pour attribuer les places dans les canots. » 

« Mais pourquoi le capitaine a dit ça, Tatie ? Je comprends pour les enfants, mais pourquoi les femmes ? » que mon grand me demande. « C’est une coutume appelée le “Birkenhead Drill”. Elle repose sur l’idée morale de protéger les membres les plus vulnérables d’un groupe lors d’une catastrophe. Et, à l’époque, on considérait les femmes comme plus vulnérables, plus faibles. » que je lui réponds. 

« Et qu’est-ce que les gens ont fait ? » questionne Darius. « Bien, des hommes ont essayé de tricher. D’autres ont sauté. Des femmes âgées ont, elles, décidé de rester avec leur mari qui ne pouvait embarquer. Elles disaient avoir eu une belle vie, et que cette vie était avec leur mari. Dans le film, on voit un couple âgé se coucher ensemble sur le lit et se tenir la main. » Je regarde alors Darius et je vois une petite larme couler sur sa joue, et il me dit, la voix cassée : « Mais elle est triste ton histoire, Tatie. » 

« Je sais, mon loup, mais il y a aussi eu des beaux gestes, comme les musiciens, qui sont restés sur le pont pour jouer, jusqu’à la fin, pour calmer la panique des passagers. » « Sauf les musiciennes, qui, elles, ont pu embarquer dans les canots de sauvetage, hein, Tatie ? » ajoute, plein d’espoir, mon loup d’amour. « À vrai dire, il n’y avait pas de femmes musiciennes payées sur le Titanic. Des passagères jouaient du piano dans les salons privés, mais le rôle de musicien professionnel était, à cette époque, un métier masculin, surtout sur les paquebots. » que je lui explique. « Mais Pourquoi, Tatie ? » me demande mon loup, qui étudie justement en musique.   « Probablement parce qu’à l’époque, les employeurs pensaient que les femmes devaient rester à la maison et avoir des enfants. C’était la tradition. » que je lui réponds. 

Nous avons discuté ainsi jusqu’à ce que l’on arrive à l’exposition, pour ensuite expérimenter la réalité virtuelle du Titanic. Vers la fin, il y avait une salle réservée à la mémoire des musiciens, et mon Darius d’amour, voyant les photographies des huit musiciens dirigés par Wallace Hartley, s’est exclamé : « Voici les héros ! » Bien dit, mon grand.

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