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Les arbres en milieu urbain
Maurice Gariepy (Association des terres boisées de Saint-Hippolyte) – Où que vous soyez dans le monde, vous trouverez des arbres. On les trouve en ville comme à la campagne. À Montréal, plusieurs quartiers bénéficient d’initiatives de plantation d’arbres sur les terrains privés, comme dans les ruelles qu’on désire vertes et vivantes. Les citoyens se sont mis ensemble avec l’objectif de verdir leur environnement. Il y a tant de raisons d’apprécier les arbres et leur beauté : l’odeur de leurs fleurs au printemps, leurs feuilles vertes apaisantes durant l’été, leurs couleurs captivantes à l’automne et le manteau neigeux qui les recouvre en hiver.
On plante même des arbres en milieu agricole pour réduire l’érosion et améliorer la santé des sols qui deviennent plus résistants et qui séquestrent le carbone. Près de chez nous, à Sainte-Sophie, on a même transformé des terres agricoles abandonnées en érablières florissantes.
Des études ont montré que la reforestation massive dans l’est des États-Unis a eu un effet refroidissant. Des déserts en Chine, comme Kubuqi et Maowusu, sont des exemples réussis de transformation en paradis verts grâce à des efforts colossaux de reboisement et d’agriculture.
Apport de bienfaits considérables chez soi
La présence d’arbres autour de la maison améliore grandement la qualité de vie. Leur ombre abaisse la température ambiante et réduit les besoins en climatisation, ce qui diminue les factures d’énergie. Les arbres capturent des polluants, filtrent les poussières, produisent de l’oxygène et agissent comme brise-vent tout en protégeant des rayons UV.
En poussant, ils absorbent le dioxyde de carbone de l’atmosphère et contribuent ainsi à réduire la pollution. Leurs racines stabilisent les sols, préviennent l’érosion et favorisent l’infiltration de l’eau vers les nappes phréatiques.
Les arbres ont aussi des effets positifs sur le bien-être. Leur présence apaise, réduit la détresse psychologique et crée des lieux propices au repos ou à la méditation. Les animaux domestiques y trouvent naturellement un refuge contre la chaleur, la pluie ou le stress, tout comme de nombreux oiseaux.
Ils embellissent les propriétés et les quartiers, réduisent le bruit et offrent plus d’intimité. Entourée d’arbres, une maison bénéficie d’un cadre plus serein et attrayant. Laisser les feuilles mortes au sol peut même transformer un terrain en petit sous-bois naturel.
Les arbres constituent ainsi un investissement durable : ils améliorent la santé, l’environnement et augmentent souvent la valeur d’une propriété. Planter un arbre demeure l’un des gestes les plus simples et concrets pour préparer un avenir plus sain et plus résilient. Une ville où chaque propriété est entourée d’arbres devient un milieu de vie plus équilibré pour tous.
Les médecins de la forêt
Quand on pense à la forêt, on s’imagine que les arbres grandissent paisiblement année après année. La réalité est tout autre. Des arbres se développent, d’autres tombent malades, d’autres meurent, d’autres restent chétifs, d’autres prennent racine.
L’espérance de vie est variable en fonction de l’espèce. Un peuplier grandit rapidement, mais ne vit pas longtemps. L’épinette noire, l’érable à sucre et le bouleau jaune poussent plus lentement, mais produisent un bois durable et vivent plus longtemps. Les jeunes arbres grandissant vite en hauteur, les arbres adultes gagnent surtout en diamètre et en volume.
Les ingénieurs ou techniciens forestiers prescrivent aux propriétaires de boisés des interventions afin de rendre la forêt plus résiliente. Trop serrés, les arbres ralentissent leur croissance en raison de la compétition. Nous faisons une coupe de jardinage pour redonner de l’espace aux meilleurs sujets, ce qui leur permet de croître plus vigoureusement. Trop espacés, ils produisent plus de branches. Du volume par hectare est perdu, puisque l’utilisation des ressources n’est pas optimale. Les propriétaires de boisés doivent toujours s’assurer d’un équilibre entre les deux pour optimiser la croissance des arbres. Les propriétaires de boisés sont les gardiens et médecins de la forêt. En intervenant avec soin, ils favorisent la croissance des jeunes pousses et contrôlent l’ouverture du couvert forestier selon les espèces désirées tout en favorisant des espèces diversifiées et adaptées au climat futur. Ainsi, ils préparent dès aujourd’hui une forêt plus résiliente face aux changements climatiques.
Dans la nature, rien ne dure éternellement, comme nous tous et toutes. Chaque année certains meurent pour différentes raisons. Les arbres se disputent la lumière, l’eau et les nutriments. Les plus faibles finissent par dépérir. C’est comme la Loi de la jungle. Les insectes et les maladies attaquent les arbres. Par exemple, l’agrile du frêne ou la tordeuse des bourgeons de l’épinette peuvent causer d’importants dommages, tout comme la rouille vésiculeuse du pin blanc ou le chancre nectrien de l’érable.
Les tempêtes de vent, le verglas, les feux de forêt ou sécheresses endommagent la végétation. Les arbres morts ouvrent de l’espace et de la lumière aux jeunes pousses. Ils nourrissent les sols, abritent les champignons, servent de refuge aux oiseaux et insectes et enrichissent la biodiversité.
Intervenir, c’est sélectionner les arbres à récolter pour limiter les pertes naturelles et améliorer la santé de la forêt. En intervenant, les propriétaires de boisés peuvent réduire la mortalité et augmenter la productivité.
Une forêt est toujours en évolution. Nous évoluons avec elle. Faisons de même. Planter des arbres autour de votre maison, si ce n’est pas déjà fait. En replanter d’autres, ce sera encore mieux. Vous contribuerez à construire une ville boisée. Beaucoup de projets domiciliaires dans les Laurentides adoptent maintenant cette vision. Si tout un chacun fait sa part, nous vivrons en harmonie.
Rappel pour ceux et celles qui souhaiteraient adhérer à notre association des terres boisées de Saint-Hippolyte afin d’assurer la pérennité de nos forêts, veuillez me contacter maurice.gariepy@hotmail.com ou au 450-602-6532.
