Des organismes incontournables

Jordan Dupuis
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Pour la l’assainissement de la rivière

Jordan Dupuis En attente de nouvelles pour le renouvellement de sa convention se terminant en 2018, Abrinord reste persuadé que le MDDELCC (ministère de l’Environnement) reconduira son entente jusqu’en 2023, surtout depuis l’adoption du projet de loi sur la conservation des milieux humides et hydriques qui prévoit l’élaboration, par les MRC, d’un plan régional dans une perspective de gestion de l’eau par bassin versant.

Marie-Claude Bonneville, directrice générale chez Abrinord nous confirme pour l’instant que le MDDELCC est en discussion avec le regroupement des organismes de bassins versants du Québec (ROBVQ) afin de connaître les nouveaux mandats qu’ils obtiendront. Plus de détails leur seront dévoilés cet automne, mais ils s’attendent tout de même à un renouvellement de leur convention de 2018 à 2023, nous dit Mme Bonneville, « pour l’instant, je crois que le Ministère est en train de revoir les exigences pour le prochain renouvellement et pour le prochain Plan directeur de l’eau que nous devrons réaliser », ajoute-t-elle.

Des organismes sous-financés

Un des bémols ces dernières années a été le financement des OBV, comme Abrinord qui s’assure de mettre en place un Plan directeur de l’eau (PDE), approuvé par le MDDELCC, qui fournit et propose des solutions pour mieux gérer, préserver et conserver les ressources en eaux. « Le financement du MDDELCC accordé aux OBV n’a pas augmenté depuis sept ans et ne nous permet pas de mettre en œuvre autant de projets qu’on le voudrait. On doit aller chercher d’autres sources de financement pour s’assurer de poursuivre notre mission et de répondre aux besoins des acteurs de l’eau », nous dit Mme Bonneville. Étant toujours dans l’incertitude, ces organismes « ont de plus en plus de mal à obtenir du financement de l’État et doivent passer de plus en plus de temps à tenter d’obtenir des subventions », lit-on sur le site de Fondation Rivière. Ceci retarde notamment l’application de plusieurs mesures inscrites dans leur PDE visant à améliorer la qualité de l’eau.

Questionné à savoir si le Ministère prévoyait accorder plus de fonds aux OBV pour répondre aux demandes grandissantes de ces acteurs, celui-ci nous répond plutôt que « cette décision sera rendue publique en temps opportun ». Rappelons notamment que les OBV du Québec sont mandatés par le gouvernement, selon la « Loi affirmant le caractère collectif des ressources en eau et visant à renforcer leur protection ».

Rôle bonifié pour les OBV ?

Après plusieurs années de discussions, le nouveau projet de loi no 132 adoptée le 16 juin dernier « Loi concernant la conservation des milieux humides et hydriques » pourrait permettre aux OBV de développer de nouvelles collaborations en matière de gestion des milieux humides. Il faut noter que cette loi vise notamment à protéger, dans une perspective de bassin versant, les milieux humides et hydriques existant à travers le Québec ainsi que de viser « le principe d’aucune perte nette », selon le site internet du Ministère. Ceci signifie donc que chaque milieu humide qui sera perdu à des fins de développement résidentiel ou autre, devra être remplacé, soit par la restauration d’un ancien milieu humide ou la création d’un autre. Pour ces raisons, Mme Bonneville est confiante à l’idée que les OBV auront un rôle bonifié, car dans l’élaboration d’un plan régional des milieux humides et hydriques exigé par cette loi, les MRC devront consulter les plans directeurs de l’eau des OBV. De leur côté, les OBV devront inclure des objectifs de conservation dans leur prochain PDE, en tenant compte des besoins des MRC. Rappelons également que Canards illimités, dans le cadre d’un projet coordonné par Abrinord, a répertorié à ce jour plus de 24 000 milieux humides sur le territoire et que 10 % d’entre eux, ont été validés sur le terrain. La liste de ces milieux humides peut notamment être consultée sur le site internet d’Abrinord.

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