Antenne au cimetière

Lyne Gariépy
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Une tour de communication au cimetière Saint-François-Xavier

Point de vue de Lyne Gariépy Rogers Communications devrait implanter sous peu une tour de télécommunications de 30 mètres de haut, dans le cimetière sur la 117. Or en 2009, la même demande avait été faite par Bell, et la population avait manifesté son mécontentement avec une pétition de 529 noms. Au final, Prévost avait soutenu ses citoyens, refusé la tour et créé le règlement 608 afin d’appuyer ce refus. Pourquoi, alors, y aurait-il une tour à ce même endroit?

En 2009, les citoyens s’étaient opposés à l’implantation de la tour de télécommunications pour plusieurs raisons : pour protéger le patrimoine visuel naturel, et aussi pour respecter les normes de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) qui, à cette époque, recommandait de ne pas installer d’antennes à moins de mille mètres d’une habitation. Depuis, l’OMS a classifié les antennes de télécommunications comme un agent potentiellement cancérigène. 

Le règlement 608 a donc vu le jour, règlement qui encadre l’installation des nouveaux projets d’antennes de télécommunications et établit un processus de consultation se substituant à celui d’Industrie Canada, l’instance gouvernementale règlementant l’implantation des tours de télécommunications. Quant au choix des emplacements des tours par les compagnies de téléphonie cellulaire, selon le règlement 608, celles-ci ne doivent pas être situées à l’intérieur du bassin d’intérêt visuel qui englobe Shawbridge, le vieux Prévost, Lesage, la montée Sainte-Thérèse, la Terrasse des Pins, le domaine Laurentien, les Clos Prévostois, et la presque totalité du domaine des Patriarches. De plus, ces emplacements ne doivent pas être situés à moins de mille (1000) mètres de toute école primaire ou centre de la petite enfance (article 8). 

Une tour dans un endroit qui contrevient à notre règlement

Du côté de la ville, le maire Paul Germain et le directeur général m’ont confirmé que Rogers les avait approchés cet hiver pour une tour à l’écocentre. La ville avait refusé, invoquant le désir de ne pas contrevenir à son propre règlement sur ses propres terrains. Devant l’insistance du demandeur, la Ville aurait suggéré de s’adresser à la paroisse, pour l’emplacement du cimetière, mentionnant à la compagnie qu’elle n’entendait pas s’y opposer. Enfreignant ainsi son propre règlement!

Or ce lieu est le même qui avait soulevé l’opposition des citoyens en 2009, et il contrevient en tout point au règlement 608, étant situé directement dans le bassin d’intérêt visuel, visible de la 117, et du village. Mais surtout, il est situé à environ 500 mètres de l’école Val-des-Monts et de la garderie l’Abri-doux. Pourquoi la Ville n’a pas simplement refusé l’installation et respecté son propre règlement? Questionné à cet effet, le directeur général, Me Laurent Laberge, a répondu que la Ville ne désirait pas tester le règlement devant les tribunaux, considérant les chances de l’emporter très faibles.

D’ailleurs, toujours selon le règlement 608, tous les propriétaires d’habitations, les établissements publics et privés, les écoles et centres de la petite enfance se situant dans un rayon de 600 m d’un emplacement projeté d’une tour, doivent être avertis par écrit, de la tenue d’une assemblée publique par la Ville et le promoteur (article 13).

Même cet élément n’a pas été respecté, car Rogers, appliquant les normes de consultation d’Industrie Canada, ne comptait informer que les propriétaires situés dans les 90 m de la future tour (3 fois la hauteur). Pourtant, il est clairement indiqué dans les documents d’Industrie Canada, que ce mode de consultation n’est valable que si la Ville n’a pas de règlementation à ce sujet, ce qui n’est pas le cas de Prévost. Après quelques recherches, personne ne semble avoir été averti, pas même Sylco construction, propriétaire du terrain de golf qui jouxte le cimetière. 

Alors que les citoyens se sentaient en confiance, au minimum d’être avertis de l’implantation d’une tour, ils reçoivent un double choc: il y aura une future antenne, et ils n’en n’ont pas été informés.

Pour ce qui est de la paroisse, j’ai communiqué avec M. Paul Doré, président de l’Assemblée de Fabrique. M. Doré m’a confirmé qu’une entente avait été signée avec Rogers en juin 2019, concernant l’implantation d’une tour au cimetière catholique sur la 117, pour le mois de septembre. Questionné au sujet de la pétition de 2009, il a dit qu’il n’était pas au courant, précisant être arrivé à Prévost après. Mais certains membres étaient, eux, aux courant, et n’ont rien dit. Savait-il que la Ville avait un règlement interdisant les tours à cet endroit? M. Doré a répondu que non et que s’il avait été informé du règlement 608, il n’aurait pas accepté l’antenne. Interrogé à savoir s’il connaissait le fonctionnement des antennes, il répondit ne pas être informé de leur fonctionnement. L’opinion de M. Doré est que le conseil de la fabrique a pensé que ce devait être une bonne chose de céder l’emplacement pour une tour de télécommunications contre rémunération, car c’est la Ville qui leur avait envoyé la compagnie Rogers.

Tout cela s’est fait à l’insu des résidents des quartiers riverains du cimetière, qui eux, se retrouvent devant le fait accompli et auront à subir une tour dans leur cour sans avoir été consultés.

Rappelons qu’en 2009, le directeur général de l’époque, M. Martin, avait dit qu’il y avait un moyen simple pour ne pas avoir de tour de télécommunications dans notre ville: que personne n’accepte de louer de terrain aux compagnies, celle-ci ne pouvant nous forcer à leur céder contre notre volonté. Il semblerait que la Ville et la paroisse ont oublié ce conseil ainsi que les volontés des Prévostois.

Pétition

Le règlement 608 est disponible sur le site de la ville. Pour ceux qui voudraient s’opposer à l’implantation de cette tour et antenne de télécommunications, une pétition est à votre disposition à la gare de Prévost. Vous pouvez également faire une plainte à Industrie Canada.

Voici un extrait de l’article « Savez-vous compter les tours », Journal de Prévost, du mois de mars 2009.

Conséquences sur la santé – Mais que font ces tours de télécommunication ?

Lyne Gariepy – Elles envoient des ondes…, que nos téléphones cellulaires captent et renvoient vers la tour avec notre conversation, afin que celle-ci soit acheminée à notre interlocuteur. Ces ondes ne sont pas sans effets sur notre santé et sur notre environnement. Selon certaines sources, elles modifieraient même notre ADN. Deux études (Allemagne et Israël) ont prouvé que dans un rayon de 400 mètres, de 3 à 4 fois plus de cancers ont été diagnostiqués.

Cette donnée a été confirmée par Magda Havas, spécialiste en bio-électromagnétique de l’Université de Trent en Ontario, lors de l’émission Découverte à Radio-Canada (2009). Le professeur Kundi, de l’institut d’hygiène environnementale de l’Université de Vienne, a démontré une incidence accrue d’attaques cardiaques, d’hypertension, d’AVC, dans une zone de 1 km de la tour. Les professeurs Roger Santini (France), et A. Enrique Navarro (Espagne) ont quant à eux diagnostiqué, dans les 500 m d’une tour le syndrome micro-onde : des troubles du sommeil, de mémoire, de concentration, de problèmes cutanés, de migraines, d’étourdissements, d’épuisement, d’impuissance, d’infertilité, d’acouphène, d’allergies, d’hyperactivité. Selon le rapport Bioinitiative préparé par l’OMS, un résumé de 2000 études sur les conséquences des ondes, le lien entre l’Alzheimer et ces antennes de télécommunication est clairement établi. La mélatonine protège de cette maladie, mais les ondes nuisent à sa production, aidant ainsi au développement de l’Alzheimer. Ce même rapport souligne que les risques de leucémies infantiles sont grandement accrus dans les 500 m d’une tour ou d’un pylône. Jusqu’à 80 % de ceux-ci leur seraient attribuables. D’ailleurs, le Québec détiendrait un des plus hauts taux de leucémie infantile au monde : 271 cas sur 10 000 enfants, dont 31 décès chaque année.

 Et comme par hasard, selon l’Institut national de santé publique du Québec, la population de notre province subit l’exposition résidentielle aux ondes la plus élevée de tous les pays du monde. Notre pays est celui où les normes sont les moins sévères. Qu’attendons-nous pour demander des preuves qu’un produit est inoffensif avant de cohabiter avec lui pour plusieurs années? La technologie, oui, mais à quel prix?

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