Le dernier film de Maximilien

Scène tournée dans le film Audionomie – photo courtoisie
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Audionomie, un thrilleur psychologique

Daphné GermainQu’est-ce que le commun des mortels ferait s’il craignait éprouver des problèmes d’audition? Sans doute, consulter un professionnel. C’est bien ce que Maximilien Rolland, jeune cinéaste originaire de Prévost, fit. Néanmoins, pour le mélomane, ce ne fut pas suffisant. Il réalisa un court-métrage entier, le plus ambitieux de toute sa carrière, sur le sujet.

Maximilien Rolland dans la chambre anéchoïque constituée d’environ 600 structures pyramidales en mousse construite pour le tournage de son film. – photo courtoisie

En automne 2018, Maximilien débuta l’écriture du scénario d’Audionomie, un thriller psychologique découlant de sa plus grande peur, celle de perdre le sens de l’ouïe. L’histoire se déroule dans une chambre anéchoïque; un laboratoire d’audiologie dont les cloisons couvertes de structures pyramidales en mousses absorbent les ondes sonores, de sorte qu’il n’y ait aucun écho. Loïc, un musicien de profession, vient y passer des tests et apprend que son ouïe s’est gravement détériorée. C’est suivant l’annonce de cette mauvaise nouvelle que Loïc s’enferme, par accident, dans ce sombre et silencieux cachot.  

Maximilien trouva l’inspiration pour son film suite à un rendez-vous semblable à celui de son personnage principal. En effet, il y a quelques mois, le jeune réalisateur crut avoir contracté une quelconque maladie des oreilles. Toutefois, lors de son rendez-vous, l’audiologiste n’identifia aucun mal important. Aujourd’hui, il qualifie lui-même cette inquiétude par rapport à son audition d’hypocondrie. La musique a une place très particulière dans sa vie et l’idée de perdre la possibilité de savourer un bon morceau de musique le terrifie. Au cours d’une entrevue, il confia au Journal des citoyens : «Si je n’avais pas l’audition, je ne sais pas ce que je ferais.»

Ces recherches

C’est cet état d’esprit, combiné à l’étrangeté de la pièce et des tests que l’audiologiste lui fit passer, qui attisa la flamme de l’imagination dans son cerveau d’artiste. Il fit alors d’amples recherches sur le sujet. Celles-ci furent très révélatrices pour l’écriture de son film : «C’est basé sur de vrais faits. Il y a des personnes qui se sont retrouvées dans des chambres anéchoïques pour d’assez courtes périodes de temps et elles ne pouvaient tout simplement pas supporter le silence. Tu entends tous les bruits de ton corps, mais intensément, ta respiration, tes bruits de bouche, tes bruits de gorge, tes battements de cœur. Donc c’est un peu troublant.»

Ça passe ou ça casse

La chambre anéchoïque en studio. – photo courtoisie

Une fois le scénario en main, Maximilien demanda l’aide de ses deux colocataires actuels, Carlos Cortes et Miguel Plante, pour l’accompagner dans cette ambitieuse réalisation. Carlos se fit assigner le rôle d’assistant-réalisateur et Miguel celui de scripteur et de monteur. Le tournage put ainsi commencer en mai 2019. Environ 15 techniciens de plateaux, une vingtaine de figurants et trois acteurs participèrent au projet et tous furent bénévoles. En dépit d’avoir travaillé sur plusieurs productions cinématographiques par le passé, Maximilien n’avait jamais géré lui-même une aussi grosse équipe. Ce fut, pour lui, un moment décisif. «Ce projet était un moyen de voir si ça passe ou ça casse; est-ce que c’est vraiment ça que je veux faire dans ma vie, parce que voici ce que je ferai à répétition… Pis au final, oui!  »

Parallèlement, le tournage se révéla des plus complexes, du fait que Maximilien et son équipe construisirent leur propre chambre anéchoïque en studio. Ils eurent ainsi l’avantage de la liberté et de la malléabilité de l’espace. Il confia la tâche de construction à son directeur artistique, Mathieu Turcotte: Mathieu «Materio» comme il veut qu’on l’appelle. Il a tellement bien mené le projet et c’était quelque chose que l’on n’avait tous jamais fait. L’important c’était que ça devait avoir l’air réaliste.» L’équipe de bénévoles passa plus d’un jour complet à l’assemblage d’un bureau d’audiologiste, puis de la fameuse chambre anéchoïque constituée d’environ 600 structures pyramidales en mousse. 

Le financement

Au total, les coûts qu’engendra la production du film s’élèvent à 12000$. Le budget initial était de 5400$, correspondant au montant d’une subvention du programme Jeune Volontaire, d’Emploi Québec. Néanmoins le court-métrage s’avéra de plus grande envergure que prévu. «Ce projet est le plus ambitieux de toute ma vie, autant en terme de temps, qu’en terme d’argent, qu’en terme de tout.» Pour combler le déficit, Maximilien invite toute personne intéressée par le projet à visiter la page Facebook ou Instagram Audionomie où est affiché le lien à une campagne de financement «GoFundMe». L’objectif est de cumuler 5000$ en dons. Par ailleurs, les abonnés des différents média sociaux pourront rester informés des avancés du projet en plus de jouir de photos exclusives du tournage.

Les projets à venir

Dès la finalisation du montage, Maximilien prévoit envoyer le film à divers festivals de courts-métrages dans l’espoir de remporter des prix. Ainsi, l’avenir d’Audionomie reposera entre les mains du destin. D’autre part, le cinéaste a déjà un nouveau projet d’inscrit à son calendrier pour le mois de novembre. Maximilien planifie un voyage de cinq semaines au Mexique dans le but de réaliser un documentaire produit par Les Aventuriers Voyageurs. Quelque chose de complètement différent qu’il appréhende avec impatience. 

Rappelons-nous que Maximilien est un ex-citoyen de notre grand village. À la fin de son secondaire, ses amis et lui remportèrent le prix du jury et celui du meilleur scénario lors de la finale locale du concours Festifilm. Puis, de 2014 à 2018, il co-anima le camp de jour estival Prévost Dans ta caméra. En 2013, il se vit attribuer le prix INIS-Émergence lors de la Course des Régions, un concours pour vidéastes québécois âgés de 18 et 35 ans. Représentant la région des Laurentides, il y participa une seconde année en 2016. Il y présenta un premier court-métrage dédié à son amour de la musique, Le Complexe Appara; l’histoire d’un homme qui décida de devenir comptable plutôt que pianiste, sa véritable passion. 

EXCLUSIF Lise Roy, actrice ayant joué dans de grands classiques québécois tels que Tom à la ferme, Les invasions barbares et Les Invincibles tient le rôle de l’audiologiste dans le court-métrage.

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