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Journal de citoyens - Guillaume
Diane Brault

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Une recette originale pour cette 29e édition

Jean-Guy Joubert et Diane Brault – L’annonce des mesures de fermeture des espaces publics et de confinement liés à la pandémie COVID-19 est venue bousculer l’agenda prévu des festivités. Devant les contraintes imposées par la Santé publique et le constat que le festival ne pourrait se tenir cette année devant public sous le grand chapiteau selon la programmation envisagée, l’équipe a durement encaissé la situation.

En regard du tsunami d’émotions que cette situation a engendré dans le milieu culturel, Guillaume Côté confiait : « Nous ne sommes pas tous dans le même bateau ! Nous sommes tous dans la même tempête, mais dans des bateaux différents ! »  

Après un véritable deuil de quelques semaines, guidé par ses principes et ne voulant pas se réinventer pour le seul plaisir de se réinventer, Guillaume Côté et son équipe ont tablé sur une proposition innovante en offrant plus qu’une simple captation et diffusion numérique de contenus.

C’est donc avec le concours de l’Orchestre Métropolitain, collaborateur des cinq dernières années au Festival, que Guillaume Côté et son complice Yannick Nézet-Séguin ont concocté une recette originale pour cette 29e édition du festival. Au lieu d’une captation vidéo de spectacles, la synergie des univers de Guillaume Côté et de Yannick Nézet-Séguin proposera donc un programme de 10 films sur la danse, représentant un ou une chorégraphe et un compositeur ou compositrice, qui seront présentés au public cet été, chaque dimanche, du 5 juillet au 6 septembre, sur le site du Festival, YouTube et Viméo. 

Dans un contexte où tous les artistes ont vu leurs engagements reportés et agendas désormais ouverts en raison de la pandémie, les artistes sollicités ont répondu avec plaisir à l’invitation de participer au Festival. Ce sont donc 10 chorégraphes et 10 compositeurs à qui on a carrément proposé de sortir de leur zone de confort, pour relever le défi proposé. Cette pandémie aura été une opportunité de constater que même sous l’effet de contraintes, l’innovation, l’inspiration et la création peuvent paver la voie à une démarche artistique.

Le Festival s’est aussi associé avec un cinéaste de renom, Louis-Martin Charest qui fera la captation des images de ces 10 films. Le concept de chaque film, ayant pour thème, Une Solitude partagée, est développé à partir d’un élément création dans une formule de style cadavre exquis, fréquemment employée en arts visuels, qui consiste en la création d’une œuvre originale dans un contexte où deux artistes, un chorégraphe et un compositeur de musique, créent une œuvre originale chacun de leur côté, reflétant leur univers respectif. Contrairement au processus de création habituel qui met la musique au service du chorégraphe, chaque œuvre aura donc une vie propre. Selon les critères imposés dans le cadre de l’exercice, il n’y a aucune collaboration entre le chorégraphe et le compositeur, le but étant de créer dans un contexte de solitude et de moments incertains. Le processus de création de chaque œuvre s’étale généralement sur une période de 4 semaines. L’assemblage final et la mise en œuvre collaborative avec les deux créateurs, s’effectuent sur les deux semaines suivantes. Ce concept original représente un défi et un exercice en dehors de la zone de confort habituelle des artistes, si tant est qu’il y en ait. Cela est le prélude à d’agréables surprises. La réaction de Guillaume Côté, comme chorégraphe d’une œuvre à la réception de la composition musicale a été : « Ah, je ne m’attendais vraiment pas à ça! » 

Chaque film dont la captation se fera en extérieur sera l’occasion de mettre en lumière les éléments signatures suivants : la solitude ainsi que les paysages de Saint-Sauveur. Ces films auront une diffusion mondiale. Des capsules, commentées par Guillaume Côté et Yannick Nézet-Séguin seront aussi tournées et donneront l’occasion de présenter et de mieux connaitre les artistes, leur personnalité, leur travail et leur univers créatif.

Cette année sera donc sous le signe des prestations numériques. Comme le disait Guillaume Côté : « L’élément numérique ne peut humaniser la danse mais cela peut tout de même humaniser les humains » en permettant, entre autres, de présenter et de parler de nos artistes, d’en connaître un peu plus sur ces derniers et de sensibiliser notre public.

De belles surprises en perspectives ! C’est donc un rendez-vous pour le Festival des Arts de Saint-Sauveur !

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