FASS, vue d’Étienne

Journal des citoyens - Étienne LavigneÉtienne Lavigne, danseur et directeur général - Photo : Michel Fortier

Les créateurs en écrin pour l’édition 2020

Louise Guertin – Si vous fréquentiez le Festival des Arts de Saint-Sauveur assidument ou à l’occasion, vous serez heureux d’apprendre que ses artisans ont déployé imaginaire et inventivité pour présenter une édition 2020 : un rendez-vous numérique, accessible à un plus grand public d’ici et d’ailleurs, amateurs ou simplement curieux de découvrir les artistes d’ici présenter leur vision d’une solitude partagée en cette période difficile. Le Journal s’est entretenu avec Étienne Lavigne, danseur (premier concepteur de personnage) au sein du Ballet national du Canada et directeur général du FASS depuis 2014.

La programmation régulière du Festival était bien engagée quand la pandémie s’est déclarée. C’est huit mois de travail, préparer une édition du FASS, explique M. Lavigne. C’est un assemblage complexe qui nécessite des discussions, des ententes et la collaboration de nombreuses personnes. Dès février grâce à des contacts en Europe, « on a détecté les signes avant-coureurs des effets de la pandémie. En mars, c’était devenu évident que la programmation prévue ne pourrait pas se réaliser, parce que les compagnies et danseurs européens ne pourraient se déplacer. » 

Comment avez-vous vécu le choc ? « On était très déçu. Pour un temps tout se passait au ralenti. Il fallait téléphoner aux artistes pour leur annoncer la résiliation des contrats. On a commencé à envisager un programme plus nord-américain. Et le mot d’ordre de la Santé publique est tombé, il fallait annuler les spectacles publics. » 

Un moment difficile et puis Guillaume Côté, danseur étoile, chorégraphe et directeur artistique du FASS a eu l’idée du thème, une solitude partagée, et d’en faire un happening. « Même seul, on veut partager. C’est comme ça que nous travaillons. Depuis trois mois, je n’ai pas vu Guillaume, mais on se parle tous les jours. »

« Une fois l’idée lancée, on a commencé à travailler, la tristesse s’est dissipée. Nous avons appelé nos amis; presque tous les artistes à qui on a demandé ont accepté. » Quels sont les défis particuliers ? « Tout ce travail en confinement, c’est une contrainte, mais également un défi, ça stimule la créativité. Pour les artistes, c’est partager leur regard, ouvrir une fenêtre sur le monde actuel. C’est aussi beaucoup d’apprentissage pour la diffusion, on crée des bulles où il faut respecter la distanciation. »

Les équipes de créateurs sont à l’œuvre. La programmation est impressionnante. Elle réunit chorégraphes, compositeurs, danseurs, musiciens basés au Québec et en Ontario. Le rendez-vous numérique présenté en collaboration avec l’Orchestre Métropolitain nous donne accès à des artistes dont la réputation n’est plus à faire. Guillaume Côté qui travaille avec Yannick Nézet-Séguin, Marie Chouinard, Margie Gillis, Virginie Brunelle, Crazy Smooth pour en citer quelques-uns.

L’équipe de production prépare l’écrin pour ces dix œuvres originales, incluant le processus créatif. On prévoit filmer en extérieur, dans les paysages de nos Laurentides, fin juin. La souplesse et l’ingéniosité sont de rigueur. Étienne Lavigne y sera. Les capsules seront présentées le dimanche, entre juillet et septembre. Il espère, si tout va comme prévu, qu’on pourra diffuser la première capsule sur le site du FASS le 5 juillet.

Il faut le dire, les spectacles en salle manqueront aux fidèles. Beaucoup ! Étienne Lavigne nous dit qu’on a commencé à travailler sur la prochaine édition. On veut marquer le 30e anniversaire du FASS, qu’il souhaite en salle : « On a de gros projets. » 

Cette année est hors norme et cette édition spéciale promet. On a hâte de découvrir les œuvres originales d’artistes d’ici et de recevoir, de partager leur poésie.  

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