- Notre propre pourvoir d’agir - 17 avril 2026
- Une chorale citoyenne - 17 avril 2026
- On n’écoute pas Piazzolla - 17 avril 2026
La beauté, la vraie, finit toujours par monter sur scène
Carole Trempe – Pour clore le FASS, Ballets Jazz Montréal a offert une première mondiale. Une œuvre aussi sensible que spectaculaire.
Une œuvre habitée par treize danseurs magnifiques qui nous ont offert une traversée lumineuse par les souvenirs d’un être cher disparu. Comme on traverse la vie, à pleins bras, en pleurant, en riant. Pas une commémoration sombre, non. Plutôt une fête tendre et un peu folle, un cabaret de la mémoire où la danse, la voix, les silences racontent mieux que tout ce qui nous lie les uns aux autres.
La musique nous a fait voyager – de Charles Aznavour à la Bottine Souriante en passant par Santaolalla et Luis Mariano – sur des airs qui nous ont tiré des sourires et parfois des larmes. Les danseurs ? Ils chantent, ils parlent, ils rient, ils osent, ils s’amusent comme si chaque mouvement pouvait suspendre le temps. Par moments, ça rappelle le Cirque du Soleil, dans cette manière d’inventer un langage universel fait d’émotion pure.
Ces artistes font jaillir l’émotion dans le mouvement. Ici, le ballet jazz n’est pas un style, c’est un élan. Une urgence de dire sans mots. Leur danse est d’une rigueur athlétique toujours au service d’un langage sensible. Tout semble dialoguer, les corps entre eux, avec la musique, et avec nous. Une danse qui parle au cœur plus qu’à l’intellect.
La scénographie, superbe, joue avec une immense draperie blanche tantôt une voile, un écran, un refuge contre la pluie, un espace pour se cacher et même un cocon pour renaître. Et les jeux de lumière ! Ils viennent sculpter l’espace comme le faisaient les souvenirs imprécis, fugaces et ô combien vibrants ! C’était tout simplement très beau. Ces jeux de lumière venaient souligner toutes et chacune des émotions, chaque pas, chaque battement de cœur.
Ce spectacle est de toute beauté. Il célèbre les liens, les adieux mais surtout ce qui reste vivant quand quelqu’un s’en va. Les rires, les traces du cœur, les refrains qui reviennent quand on ne s’y attend pas.


C’était une finale en forme de grand merci. Un dernier tour de piste qui nous rappelle que l’art sait mieux, parfois, comment dire aurevoir et surtout comment dire je t’aime.
Merci au FASS de cette grande tendresse et de nous rappeler à chaque année que la beauté, la vraie, finit toujours par monter sur scène.
