Discours du président

Daniel Machabée
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Garder vivante la mémoire de notre communauté

Discours du président Daniel Machabée présenté lors de l’Assemblée générale du Journal des citoyens tenu jeudi 12 mars 2026 au Sentiers commémoratifs à Prévost.

Chers collègues et chers membres de notre formidable communauté que vous avez à cœur, je vous souhaite à tous la bienvenue à cette AGA. En tant que président du conseil d’administration, vous me permettrez de dire d’abord quelques mots bienveillants, du moins, je l’espère, de notre rédacteur en chef, Michel Fortier. Après vingt-cinq années à la barre de notre journal communautaire, notre rédacteur en chef tire sa révérence… et, soyons honnêtes, il l’a bien méritée. Pendant un quart de siècle, il a surveillé les fautes d’orthographe, traqué les virgules fugitives et réussi l’exploit de transformer les petites nouvelles du coin en grandes histoires dignes de la  une. Sous sa direction, aucun sujet n’était trop petit : une levée de fonds, un tournoi de balle molle, une nouvelle clôture au parc municipal… tout avait sa place, pourvu que ça fasse battre le cœur de notre communauté. Et grâce à son flair journalistique (et parfois à quelques coups de téléphone de dernière minute), notre journal a continué de paraître, numéro après numéro, contre vents, tempêtes… et délais de bouclage.

Soyons un peu plus sérieux, si vous me le permettez. Michel a consacré un quart de siècle d’investissement et de dévouement personnels à ce bébé qui lui tient tant à cœur. Pendant un quart de siècle, il n’a pas seulement dirigé un journal : il a raconté l’histoire vivante de notre communauté. Sous sa plume et sa direction, les petites nouvelles sont devenues des histoires qui comptent pour les citoyens. Il a donné une voix aux citoyens en mettant en lumière les réussites locales. Il a rappelé à de nombreuses reprises que derrière chaque réussite, chaque événement, se trouvent des gens, des efforts et des rêves. Grâce à sa direction, le journal est devenu bien plus qu’un simple bulletin d’information : il est devenu un lieu de rencontre, de mémoire et de fierté collectives. Année après année, avec rigueur, curiosité et une profonde bienveillance, il a su maintenir la confiance des lecteurs. Son regard attentif sur l’actualité locale, sa capacité à écouter et à rassembler les points de vue ont contribué à tisser un lien précieux entre les habitants de notre communauté. Aujourd’hui, alors qu’il s’apprête à tourner cette page après vingt-cinq ans de dévouement, nous lui devons bien plus que des remerciements. Nous lui devons une part de ce que nous sommes devenus comme communauté informée, engagée et solidaire. Michel, je te souhaite une retraite bien méritée remplie de la même curiosité, de la même passion, de la même liberté et du même plaisir que tu as transmis à travers chacune des pages de ce formidable journal. Mille mercis ! 

Mais derrière ces pages bien remplies se cache aussi un travail d’équipe. Rendons donc hommage à la véritable force tranquille derrière les coulisses : Carole Bouchard, sa conjointe et la graphiste responsable de l’édition du journal. Grâce à son œil attentif et à son sens du détail, avec patience et talent, chaque numéro a pris forme, page après page, depuis bientôt 26 ans, donnant à nos histoires l’écrin qu’elles méritaient. Pendant que lui trouvait les histoires, elle s’assurait que tout entre dans les pages, que les photos ne se retrouvent pas à l’envers et que le tout ressemble réellement à un journal… et non à un casse-tête de dernière minute. Disons-le franchement : sans son œil attentif et sa patience légendaire, certaines éditions auraient peut-être eu un charme… disons… plus expérimental. Ensemble, ils ont formé un duo discret, mais essentiel à la vie de notre publication. Merci, Carole, pour cet apport exceptionnel pendant toutes ces années. Et merci d’endurer Michel depuis si longtemps !

Bien sûr, le C.A. s’est penché depuis quelques mois déjà sur l’avenir du journal. Une équipe de transition est mise sur pied afin de prendre sous peu la relève de ce journal. J’ai confiance que cette relève continuera l’œuvre de Michel aussi longuement que faire se pourra. La transition du poste de graphiste de Carole Bouchard à Chloé Normandeau se passe très bien. Les capacités professionnelles et d’adaptation de Chloé sont grandement appréciées et c’est à son graphisme que vous devez les trois derniers mois de parution du Journal.

Le journal va bien financièrement. Le budget approuvé dernièrement démontre la viabilité du journal malgré l’époque tumultueuse et difficile que traversent les journaux, particulièrement les journaux communautaires. 

Les journaux communautaires jouent encore aujourd’hui un rôle essentiel, peut-être même plus important qu’à certaines époques du passé. À l’ère des réseaux sociaux et de l’information mondiale instantanée, ils remplissent des fonctions que les grands médias ne peuvent tout simplement pas assurer. Les grandes plateformes d’information couvrent les crises internationales, la politique nationale ou les grandes entreprises. Mais qui raconte l’ouverture d’un nouveau commerce, les décisions du conseil municipal, la collecte de fonds de l’école ou les succès d’un jeune athlète du village ? Les journaux communautaires sont souvent les seuls à documenter cette vie quotidienne qui constitue pourtant le cœur d’une communauté. Lire un journal local, c’est reconnaître des noms, des lieux, des visages. Cela crée un fil commun entre les habitants. On découvre ce que font nos voisins, les initiatives locales, les projets collectifs. Ce type d’information contribue à tisser des liens sociaux et à renforcer la fierté de vivre dans nos communautés.

Les journaux communautaires surveillent aussi les décisions locales : municipalité, commissions scolaires, organismes publics. Cette couverture favorise la transparence et encourage la participation citoyenne. Sans médias locaux, beaucoup de décisions importantes passeraient presque inaperçues. Au fil des années, ces journaux deviennent une véritable archive de la vie d’une région : les événements marquants, les changements dans la ville, les histoires familiales, les réussites locales. Dans quelques décennies, ces pages seront souvent les seules traces écrites de la vie d’aujourd’hui.

Contrairement à certaines informations qui circulent rapidement en ligne sans vérification, les journaux communautaires reposent souvent sur une relation de confiance avec leurs lecteurs. Les journalistes connaissent les gens dont ils parlent, les lieux qu’ils couvrent et les enjeux du terrain.

En somme, même dans un monde hyperconnecté, les journaux communautaires demeurent irremplaçables. Ils racontent les histoires que personne d’autre ne raconte, renforcent les liens entre les citoyens et gardent vivante la mémoire d’une communauté. Ce sont, en quelque sorte, les chroniqueurs du quotidien ceux qui veillent à ce que les petites histoires locales ne disparaissent pas dans le bruit du monde.

En mon for intérieur, je souhaite ardemment que le Journal des citoyens puisse continuer longtemps à éclairer la vie communautaire de notre région. Merci

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