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La fête des Mères
Brian Parsons – Les premières célébrations en l’honneur des mères remontent à la Grèce antique, où des cérémonies printanières étaient organisées en l’honneur de Rhéa, la mère des dieux. Cette tradition fut adoptée par les Romains, qui célébraient Cybèle (mère des dieux) lors des Hilaria (festival religieux) printanières. Au Moyen Âge, les Anglais ont institué le « Mothering Sunday », une journée consacrée aux mères pendant le Carême.
Au Canada, comme dans bien d’autres pays, la fête des Mères est une célébration dérivée de la fête américaine. Vers 1870, après la guerre de Sécession, l’écrivaine et militante Julia Ward Howe tenta de faire renommer le 4 juillet, « fête des Mères », un appel à toutes les femmes, de toutes nationalités, à s’unir pour œuvrer à la paix dans le monde. Plus tard, Ann Reeves Jarvis a tenté d’instaurer une journée spéciale pour reconnaître l’importance du rôle des femmes dans l’éducation des enfants, une initiative qui a connu un certain succès. Finalement, c’est sa propre fille, Anna Jarvis, qui réussit à instaurer une journée officielle pour souligner l’importance des mères. Elle choisit le deuxième dimanche de mai pour célébrer les mères, car sa propre mère était décédée le 9 mai. La première célébration officielle a eu lieu en Virginie-Occidentale en 1910. Il a fallu attendre 1914 pour que la fête des Mères soit officiellement déclarée fête nationale aux États-Unis.
Parallèlement, Anna Jarvis est devenue l’une des principales figures de proue de la fête des Mères au Canada. Elle voulait rendre hommage à sa mère, une militante pacifiste qui avait soigné les soldats blessés durant la guerre de Sécession. Les efforts de Jarvis ont été bien accueillis, et la première fête des Mères au Canada a été célébrée le 9 mai 1914 par la participation à un office religieux et le port d’un œillet blanc. La popularité de la fête des Mères au Canada a rapidement augmenté et dès les années 1920, elle est devenue une fête commerciale, les gens achetant des cartes et des cadeaux pour leurs mères — au grand dam d’Anna Jarvis, qui a consacré le reste de sa vie à tenter, en vain, de faire abolir cette célébration à vocation commerciale aux États-Unis.
Au Québec, durant les années d’après-guerre entre 1940 et 1960, la fête des Mères, telle que popularisée par l’Église, honorait principalement l’image de la mère comme « reine du foyer ». Le discours entourant cet hommage allait jusqu’à culpabiliser les mères qui travaillaient. D’un point de vue catholique, la Fête des Mères servait à sanctifier le rôle maternel, tout comme celui de la Vierge Marie. Dans les années 1960 et 1970, alors que les luttes féministes remettaient en question l’ordre établi, la Fête des Mères est devenue une journée de réflexion sur la vie de toutes les mères; elles ont acquis une plus grande visibilité et les hommages ne se sont plus limités aux mères au foyer. Les mères s’affirmaient également comme des femmes ayant des aspirations qui dépassaient le simple fait de prendre soin de leur famille.
Aujourd’hui, la fête des Mères, célébrée chaque année le deuxième dimanche de mai, est une occasion largement célébrée par près des trois quarts des Canadiens. L’amour et la reconnaissance envers les mères – ainsi que les grands-mères et les autres figures féminines importantes de la famille – se manifestent par des cadeaux, tels que des fleurs, des cartes et d’autres cadeaux spéciaux. La moitié des gens qui célèbrent cette fête dépensent plus de 50 $. Les fleurs demeurent le cadeau le plus populaire : en 2022, 317,6 millions de fleurs ont été coupées dans les serres, d’un océan à l’autre, les tulipes étant les plus appréciées. Une tradition québécoise particulière veut que les hommes offrent des roses ou des bouquets de fleurs aux femmes.
