Symposium de peinture

Emma Guerrero Dufour
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La peinture pour se sentir bien

Emma Guerrero Dufour C’est dans une ambiance chaleureuse et sous un soleil de plomb que se sont réunis amateurs d’art et artistes, du 26 au 28 juillet 2019, à la gare de Prévost pour un 22e été du Symposium. Détente pour certains, simple passe-temps pour d’autres, la peinture est à la fois prisée comme moyen d’expression des émotions et comme exutoire, pour plusieurs artistes présents à l’évènement.

Alors que des cyclistes curieux débarquaient de leur vélo et s’arrêtaient pour la première fois, plusieurs visiteurs et exposants étaient clairement des habitués du Symposium de peinture de Prévost.

Pour sa 22e édition, 48 artistes, soit une trentaine de moins que l’année dernière, sont venus de tous les coins du Québec et d’ailleurs pour exposer et vendre leurs toiles. La station culturelle, organisme créé en 2018 et nouvellement responsable de l’organisation du symposium, a voulu réduire le nombre d’artistes cette année pour donner plus de visibilité aux exposants.

Parmi les nouveautés de cette édition, une zone de formation a été instaurée pour y offrir des ateliers de coulage, d’expression visuelle et de créativité parent-enfant, donnés sur place par les artistes. Des conférences, des prestations en direct et une murale collective faisaient également partie des ajouts de cette année.

Il n’y a pas d’âge pour être artiste

Laiticia Roy présente son œuvre maîtresse qui n’est pas à vendre – Photo : Emma Guerrero Dufour

« Je m’ennuyais les fins de semaine », explique Laeticia Roy, 12 ans, qui peint depuis déjà quatre ans. En envoyant une vidéo de présentation, les jeunes couraient la chance de pouvoir exposer au Symposium de Prévost, et Laetitia fait partie des jeunes chanceux et chanceuses ayant été sélectionnés pour participer à l’évènement. Parmi les tentes blanches traditionnelles, des chapiteaux bleu clair étaient installés pour 9 artistes âgés entre 6 et 16 ans.

« Ma mère et moi on a cherché une activité pour m’occuper et dépenser mon énergie et on m’a inscrite à un cours de peinture », raconte nonchalamment, en mâchant sa gomme, la jeune fille de Mirabel. La peinture a permis à la jeune fille de deuxième secondaire d’éviter l’ennui, tout en sortant du cadre académique de son programme international réputé pour être exigeant.

L’artiste, qui souhaiterait devenir designer d’intérieur, souligne toutefois que toutes ses œuvres ne sont à pas vendre. « Celle-là je la garde, j’ai tellement travaillé pour ça » précise-t-elle en désignant un tableau coloré, qui est le clou de sa collection.

La peinture comme exutoire

Laeticia n’est pas la seule à utiliser l’art pour se « défouler ». Plusieurs autres artistes présents au Symposium utilisent également la peinture comme exutoire. C’est le cas de Claude Dazé, ex-batteur jazz qui s’est réinventé comme peintre. « Quand ça spinne, faut que ça sorte », confie l’artiste en mimant une tête qui tourne.

Une de ses toiles, intitulée Take five, en référence à la célèbre pièce de Dave Brubeck et à son légendaire solo de jazz, représente le sentiment jubilatoire de l’artiste lorsqu’il joue de la batterie. « Ce sont comme mes veines et mon sang qui circule très vite à l’intérieur quand je joue », explique-t-il.

Gigi Retzo utilise de l’acrylique, de l’encre de Chine, de l’aquarelle et des pastels gras pour réaliser ses œuvres – Photo : Emma Guerrero Dufour

Gigi Retzo, artiste de Montréal, peint en collaboration avec des gens souffrant d’un trouble de dissociation identitaire. Suite à un traumatisme, certaines personnes vont développer différentes personnalités en elles-mêmes, comme mécanisme de défense. « Pour survivre, ils vont se diviser », explique l’artiste. « Ce ne sont pas plusieurs personnes, mais une personne qui est brisée », précise-t-elle. Gigi, qui en est à sa première participation au symposium, crée des petites toiles et les met sur les réseaux sociaux, où les gens souffrant de cette condition peuvent s’identifier. Ensuite, elle donne le nom de ces personnes aux toiles en question. Les yeux sont des motifs récurrents dans son travail puisqu’elle s’intéresse à la perception des autres et de soi, à travers les prismes de la religion, des valeurs, et de la santé  mentale, qu’elle explore dans son travail artistique.

La fin de semaine s’est terminée par une remise de prix le dimanche, où sont ressortis gagnants Nathalie Fortin pour le Prix coup de cœur, Louise Carlesso pour le Prix Tex Lecor et Mathéo Charbonneau pour le Prix Jeunesse.

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