Les Gariepy, entrepreneurs

Journal des citoyens - Les Canoe Nor-West
Marie-Claude Aspiros

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Canots Nor-West, troisième génération d’excellence

Marie-Claude Aspiros – Qui, un jour, aurait cru qu’il soit possible gagner sa vie en bâtissant des embarcations de bois et devenir le plus grand constructeur de canots en cèdre du Canada? À l’origine de cette odyssée, Augustin Gariépy, un Albertain d’origine qui a décidé de s’installer au Québec au début des années 1930. Non seulement cet entrepreneur a-t-il mis sur pied une entreprise de renommée nationale, mais il a engendré une descendance d’entrepreneurs qui ont pris les rênes de l’entreprise pour en assurer la pérennité. Aujourd’hui, et depuis maintenant 8 ans, la bannière prévostoise Canots Nor-West est fièrement dirigée par deux de ses petits-fils, Carle et Dominique.

Une vision, une entreprise

L’idée des canots allait de soi pour Augustin qui a toujours œuvré dans le domaine, d’abord dans l’Ouest canadien, puis au Québec. Mais après la guerre, il décide de se lancer en affaires en proposant ses propres canots aux vacanciers laurentidiens et abitibiens, entre autres. Dès lors, il a su innover grâce à des modèles fiables, des produits originaux, de qualité et constamment améliorés ainsi qu’une signature unique qui contribuent encore aujourd’hui à la notoriété de la marque.

Au fil des ans, l’entreprise a su s’adapter à un nouveau marché, les régions nordiques en créant, entre autres, des modèles de canots fréteurs, toujours à base de cèdre, pour le transport des marchandises.

La tradition continue

Carle et son cousin Dominique, son associé dans l’entreprise, ont été initiés très jeunes au métier. D’aussi loin qu’il se souvienne, Carle y passait la plupart de ses journées de congé. « Aujourd’hui, c’est au tour de mon fils Théodore de balayer le bran de scie dans l’usine! », affirme l’entrepreneur en riant. Pour Carle, sa destinée a donc toujours été bien définie. « Je ne me suis jamais posé la question sur ce que j’allais faire plus tard. J’ai toujours su que je travaillerais ici un jour! »

Les Canots Nor-West en sont ainsi à leur troisième génération de gestionnaires. Après le décès d’Augustin, dans les années 1990, quatre de ses fils ont assuré la relève de l’entreprise, en honorant l’héritage paternel, soit un standard d’excellence éprouvé qui demeure la priorité de tous. « Et encore aujourd’hui, on bâtit nos canots à partir des gabarits créés des mains de mon grand-père. », informe Carle.

Un marché hors du commun

Si dans notre patelin, les Canots Nor-West représentent une fierté locale, dans le Grand Nord, cette marque est adulée. L’accueil qu’on lui réserve chaque fois qu’il visite les régions de ses clients symbolise incontestablement un des plus grands honneurs de Carle, tout comme le bonheur de poursuivre le produit de son grand-père, de concrétiser chaque jour sa vision.

Mais au-delà de ces aspects, ce qui touche tout autant l’entrepreneur, c’est de constater à quel point son produit fait partie intégrante de la vie des gens. « Nous avons une relation privilégiée avec les Autochtones, et c’est un honneur de faire partie de leur quotidien », car en Arctique, les canots Nor-West sont utilisés non seulement pour les loisirs, mais ils représentent un véritable mode de vie. On s’en sert pour tout et pour rien, comme pour le transport de marchandises dans les régions les plus reculées, là où les routes se font plus rares. Partout au Canada, du Labrador aux Territoires du Nord-Ouest, en passant par le Nord ontarien et québécois, on reconnaît les Canots Nor-West comme étant LA marque à adopter.

C’est ainsi que Carle Gariépy et son cousin Dominique perpétuent la tradition de leur aïeul, en offrant aujourd’hui plus de 20 modèles de canots en cèdre, allant de 12 à 26 pieds, ce dernier étant d’ailleurs la dernière réalisation d’Augustin.

Théodore fils de Carle Gariépy– Photo : Marie-Claude Aspiros
Photo : Carle Gariéy
Photo : Carle Gariéy
Les canots sont encore bâtis à partir des gabarits créés par le grand-père Gariépy. Dans la cours arrière, sur les canots prêts à être livrés, on peut lire: Kangiqsujuaq, Inukjuak, destination Nord-du-Québec – Photo : Marie-Claude Aspiros
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