Affaire Maher

Paul Germain, maire de Prévost / journal des citoyensLe maire de Prévost, Paul Germain et le maire de Saint-Jérôme, Stéphane Maher
Les derniers articles par Émilie Corbeil (tout voir)

Le point sur la mésentente Prévost – Saint-Jérôme

Émilie Corbeil – Le 30 novembre dernier, le verdict a été prononcé : Stéphane Maher, maire de Saint-Jérôme, est déclaré coupable de manœuvres électorales frauduleuses pour avoir, à la veille des élections de 2017, offert des emplois à Mario Fauteux et André Marion en échange du retrait de leurs candidatures au Conseil. Paul Germain, maire de Prévost, a, dans la foulée du verdict, demandé la démission de Maher, précisant que depuis le début, il est gêné de siéger avec celui qui aurait contribué à créer un climat toxique à la MRC. En entretien avec le Journal, M. Germain a expliqué plus en détail les mésententes qui ont toujours cours avec la Ville de Saint-Jérôme.

Frais reliés au train de banlieue

En 2002, une entente a été signée à la MRC, voulant que les Municipalités de Prévost, Saint-Colomban, Saint-Hyppolite et Sainte-Sophie partagent, avec la Ville de Saint-Jérôme, les frais strictement liés aux charges d’exploitation du train de banlieue. Depuis, la ville de Saint-Jérôme, qui reçoit la facture, est compensée par un transfert de la MRC.

Nouvellement élu, en novembre 2017, M. Germain votait, comme les autres maires, en faveur du budget pour 2018 à la MRC. Ce budget imposait une forte hausse des frais afférents au train de banlieue qui avait, à l’époque, été expliquée par un changement de structure : l’Autorité régionale de Transport Métropolitain (ARTM) avait remplacé l’Autorité métropolitaine de transport (AMT) et englobait désormais les services de transport sur la Rive-Nord comme sur la Rive-Sud.

Au moment d’adopter le budget pour 2019, une deuxième hausse importante des frais a fait sursauter le maire et son homologue de Saint-Colomban, qui ont demandé à voir la facture. Après plus de six mois de résistance, incluant des menaces et de l’intimidation, Maher a remis la facture à la MRC.

Ainsi, à la MRC, on a pu constater que l’entente n’était pas respectée.  Depuis 2018, Saint-Jérôme refilait, en plus des frais reliés au train de banlieue, les sommes relatives à la quote-part de l’ARTM et du métro. Une surfacturation évaluée par M. Germain à 250 000 $ jusqu’à maintenant, et ce, pour la Ville de Prévost seulement. 

À la MRC, l’idée de mandater une firme pour négocier une sortie de crise a été bloquée en vertu du droit de veto de Saint-Jérôme. C’est ainsi que les Municipalités ont dû, d’elles-mêmes, s’occuper du mandat. Une demande de conciliation devrait être envoyée sous peu à la Commission municipale du Québec.

Achat de l’Hôtel de région

Il s’agit là d’un autre sujet de discorde depuis 2017. Ayant racheté de la MRC le bâtiment Hôtel de région pour une somme de 5,6 millions de dollars, la ville de Saint-Jérôme s’était également engagée à céder un terrain d’une valeur de 500 000 $ à la MRC, qui planifiait y construire un nouvel édifice pour ses bureaux. 

Toutefois, avant la cession du terrain, la Maison Prévost a été mise en vente. Il fut jugé par la MRC qu’il était préférable d’acheter ce bâtiment patrimonial plutôt que d’y laisser une entreprise privée s’y installer. N’ayant plus besoin du terrain, on souhaite que la Ville de Saint-Jérôme paie les 500 000 $, mais Maher s’y est toujours opposé. 

Saint-Jérôme a offert 380 000 $ en argent, ainsi qu’un crédit pour la part des Villes satellites dans le programme pour l’itinérance. En échange, la MRC aurait dû donner un droit de préférence sur un rachat à rabais de la Maison Prévost par la Ville – Rachat dont allaient être déduits les 380 000 $ originalement concédés. Pour M. Germain, cette offre est déraisonnable.

Une politique de la méfiance

Selon M. Germain, une telle histoire n’avait pas à survenir. Si, au moment où l’ARTM a pris le relais, la Ville de Saint-Jérôme avait été honnête et avait demandé une renégociation de l’entente vu la hausse des tarifs, il est certain que l’on aurait trouvé un terrain d’entente. La surfacturation en catimini et l’attitude intimidante de Maher ont rendu toute relation cordiale impossible. Maher n’a toujours pas démissionné de son poste. Il a toutefois annoncé qu’il ne siègerait pas au prochain conseil. M. Germain espère un changement en vue de reprendre les discussions à la MRC.

Imprimer