Félinisez-vous

Journal des citoyens - Cronique de Halo
Sandra Friedrich

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Faire ses dents sur un livre de philo

Sandra Friedrich – Il y a quelques jours, je faisais mes dents sur le livre du philosophe et pisteur Baptiste Morizot Manières d’être vivant. Je trouvais intéressant – surtout pour mettre de l’avant ma splendeur – que ce maître de conférences et philosophe en Europe veuille que vous, humains, renouiez avec la nécessité de retisser des liens avec toutes les formes de vie.

En m’étirant de tout mon long, je me disais intérieurement que c’était ce que je m’évertue à écrire dans cette chronique, depuis l’année dernière ! Enfin un penseur humain qui voit les choses comme moi. J’espère qu’un jour je serai reconnu à ma juste valeur. Laissez-moi vous ronronner en quelques mots ce qu’il écrit. Parce qu’il ouvre un espace de réflexion nouveau, très d’actualité.

D’abord, vous, moi (surtout moi), les oiseaux (miam-miam), les baleines, etc. chacun vit. Chacun a une manière d’être vivant et il en existe beaucoup de différentes. Mais toutes ont ceci de commun qu’on est tous reliés, par un lien de parenté qui nous unit. Je tiens particulièrement à ce que ma gardienne le ressente surtout quand je lui demanderai une autre rasade de pâté. Je lui suis affilié dans un même élan de vie. Bref, elle ne pourra pas me la refuser. 

C’est important, je trouve, de penser le lien, la continuité entre nous, parce que ça va peut-être inciter les gens qui polluent, qui jettent leurs mégots par la fenêtre de leur voiture ou autres déchets, à retenir leurs gestes. Vu qu’on fait toutes et tous partie de la même maison, ça signifie que si vous polluez dehors, vous vous polluez aussi dedans. Baptiste Morizot parle même que la « crise écologique est non seulement comme une crise économique, politique, des écosystèmes, mais aussi un appauvrissement de nos relations au vivant. Cet appauvrissement trouve son origine dans une crise de l’attention. Les autres êtres vivants sont tombés en dehors du champ de notre considération, exclus de la perception de ce qui nous semble participer à la construction de la vie commune ».

Ce passage m’intéresse hautement : que ma gardienne n’ait d’yeux que pour moi ! Mais ça va plus loin, faire attention à l’autre c’est un peu ce dont je vous parlais depuis le début de l’année. Plus nous faisons attention à l’autre, moins nous pouvons faire de suppositions, car l’observation amène à élargir notre horizon, à essayer de comprendre et de mieux l’habiter.

En fait, félinisez-vous ! Devenez chat, vous verrez le monde et ses difficultés s’aplanir. Vous constaterez que nous communiquons sans cesse, que nous parvenons facilement à nous insérer dans votre manière de voir le monde et d’agir. Cela fait grandir, en nous, notre compréhension de vous.

Pour aller plus loin :  Rencontre avec le philosophe pisteur Baptiste Morizot

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