Chronique de Halo

Journal des citoyens - Halo
Sandra Friedrich
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J’en perds mon miaou

Sandra Friedrich. Ma vie dépend de la vôtre. Votre vie dépend de la mienne. Mes conditions de vie dépendent de celle de ma gardienne. Sa condition de vie dépend de son employeur et des 14 000 personnes avec qui, de près ou de loin, elle travaille. Donc cela revient à dire que ma vie dépend de 14 001 personnes, qui, elles-mêmes, dépendent des conditions de vie de bien d’autres. Tout ça veut dire que nous sommes inter-reliés donc vulnérables.

Mon poil se gonfle et ma queue est complètement hérissée quand je constate que vous autres humains n’êtes pas toujours et surtout pas tous bienveillants les uns envers les autres. Vos actions ont des conséquences sur autrui. Donc sur moi, ne l’oubliez pas! 

Monsieur Freud lui-même disait que le temps passé avec les chats n’est jamais gaspillé. Donc, regardez-moi aller au quotidien. Quand je frotte ma tête contre les jambes de ma gardienne, je lui dis distinctement que je me sens bien près d’elle, je partage mes phéromones apaisantes. Je suis bienveillant envers ma gardienne, ce qui a pour effet immédiat de la voir se transformer positivement à mon égard et paf une véritable attitude altruiste pleut sur ma vie. Accessoirement, cela se concrétise par plus de pâté dans ma gamelle. Je suis certain qu’il y a là une équation fondamentale pour que vous soyez également dans vos vies au plan individuel et, partant, sur la société tout entière, heureux.

Parce que nous autres, maîtres chats, sommes des connaisseurs du confort, je vous le dis, c’est en agissant avec bienveillance vis-à-vis de la planète comme de vous-mêmes que vous pourrez changer durablement les choses et devenir plus responsables et solidaires, donc, que vous me rendrez la vie bonne, parce que nous sommes inter-reliés vous et moi.

Vous le savez un chat passe du temps à se nettoyer. Figurez-vous que c’est la manière dont nous prenons soin de nous, soin de nos équilibres intérieurs et extérieurs. Nous agissons avec bienveillance envers nous. C’est un acte réparateur. La situation de crise actuelle appelle à ce que vous nous copiiez. Comment? Prenez soin de cultiver ces qualités que sont l’ouverture aux autres, l’altruisme, la compassion. Parce que votre vie en dépend. Parce que ma vie en dépend.

Le fin observateur de la race humaine que je suis se pourlèche les babines et en perd son miaou quand il entend cette question : mais pourquoi diantre faut-il s’occuper du bien pour autrui? J’ai demandé à la grande Bastet de vous offrir une réponse. Et voilà ce que la déesse féline dit : pour être heureux. C’est démontré scientifiquement que prendre soin de soi en prenant soin de l’autre, ça muscle le bonheur. – Ce serait ça une intériorité citoyenne : donner le meilleur de soi au service de tous.

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