Articles by Sylvie Prévost

Ensemble la Cigale

Un véritable régal! Sylvie Prévost – Pour qui aime la musique celtique, la musique ancienne ou la musique baroque, l’Ensemble La cigale deviendra une référence. Quatre musiciens aguerris se sont en effet groupés sous ce nom pour présenter au public de la musique que l’on entend rarement sous cette forme. Si on connaît quand même la flûte à bec, le luth, le théorbe, la harpe baroque triple et la viole de gambe fréquentent moins souvent les salles de concert. C’est bien dommage, car cet assemblage de timbres, sous des doigts experts, a un effet merveilleux, à la fois relaxant et tonifiant. Le programme, ici, était principalement composé d’airs écossais et gallois des XVIe et XVIIe siècles. La plupart du temps, la danse n’y est jamais bien loin… les musiciens s’en donnent à cœur joie et il en résulte, bien sûr, un sentiment de jubilation dans le public. En écoutant cela, on fait même le ménage avec allégresse (ce que j’ai personnellement expérimenté !) Les musiciens sont tous des maîtres et le répertoire est prévu pour qu’ils soient tour à tour solistes. On peut donc pleinement apprécier le son de chaque instrument et la musicalité de chaque exécutant. Quelle douceur dans les…


Un groupe hors normes

Sylvie Prévost – Concert ou spectacle? Classique ou jazz? Debussy ou Mailloux? Il y a des hybrides fascinants… Cordâme est un ensemble qui se consacre à la musique de Jean Félix Mailloux. Celui-ci s’abreuve à toutes les sources et il aime la musique classique. Je soupçonne d’ailleurs que c’est le cas de tous les musiciens de l’ensemble (dont Guillaume Martineau, pianiste bien aimé à Prévost). Le samedi 13 octobre 2018 : Cordâme, Debussy impressions Jean Félix Mailloux, composition et contrebasse; Éveline Grégoire-Rousseau, harpe; Sheila Hannigan, violoncelle; Marie Neige Lavigne, violon; Guillaume Martineau, piano; Mark Nelson, percussions. Plante caméléon, Impressions de Passepied, Nénuphar, La Sérénade interrompue, Orchidées chatoyantes, Fougères, Un morceau en forme de Poire, L’Égyptienne, La Danseuse aux crotales, Ondine, La Danse des lucioles, Dahlia, La Fille aux cheveux de lin, La Danse d’un faune, Debussy au Clair de lune, Autour de Gnossiennes. Le fil conducteur de ce concert, au cours duquel on n’a pas eu le temps de s’ennuyer, était Debussy. Ça donne des choses comme un Debussy au Clair de lune qui débute dans un ruissellement de lumière sélène et se poursuit une nuit à New York. Ça donne un faune irlandais qui voyage en Espagne; une danseuse aux…


Venu de loin, il nous amène loin

Sylvie Prévost – Venu d’Ukraine par la voie de l’Italie, venu à Prévost par le biais du maestro Michel Brousseau, le pianiste Vasyl Kotys a renversé le public. Nous sommes privilégiés de recevoir dans notre petite salle d’aussi grands musiciens. La chose s’est encore une fois produite ce 27 octobre. Le samedi 27 octobre 2018 : Vasyl Kotys, pianiste Vasyl Kotys, piano. W.A. Mozart, Neuf variations en ré majeur sur un menuet de Duport, K. 573; M. Ravel, Gaspard de la nuit : Ondine, Le Gibet, Scarbo; F. Schubert, Sonate en la mineur, D. 784; S. Rachmaninov, Variations Corelli op. 42. Le concert a débuté par une « mise en doigts » assez légère. Déjà a-t-on pu constater que l’on avait affaire à un excellent pianiste. Son jeu perlé exemplaire, la délicatesse du toucher, le travail sur le volume requis d’une main ou de l’autre… Ce n’était peut-être pas une grande œuvre, mais elle a été jouée avec tout ce qu’il faut pour la mettre en valeur et pour préparer les petites mains véloces du musicien pour la suite. Et quelle suite! L’Ondine de Ravel ne m’a jamais parue si « poissonesque ». Délicate, scintillante, fantasque, elle a nagé de-ci de-là, puis la voilà en haute…


Spectacle d’ici

Marathon musical Sylvie Prévost – Cinq jeunes musiciens et un programme étoffé, presqu’uniquement composé d’œuvres romantiques, ont reçu les mélomanes curieux. Philippe Prud’homme, un habitué d’Amal’Gamme, a en effet invité quatre amis à faire de la musique avec lui. En route donc pour la critique de musiciens de la relève. Le samedi 29 septembre 2018 : Philippe Prud’homme et ses invites : Philippe Prud’homme, piano; Bruno Tobon, violoncelle; Heather Darnel-Kadonaga, voix; Isabella d’Éloize Perron, violon et alto; Ryan Truby, violon. F. Chopin : Valse en do dièse mineur op. 64 no 2, Valse en la bémol majeur op. 69 no1, Valse en mi mineur op. posthume, Mazurka en si bémol majeur op. 7 no 1 et Mazurka en la mineur op. 17, no 4; F. Poulenc : Banalités; A. Scriabine : Préude en mi bémol mineur op. 1 no 4 et Étude en ré dièse mimeur op.8 no 12; R. Schumann : Fantasiestucke op. 73; A. Dvorak : Quatuor avec piano no 2 en mi bémol majeur op. 67, Allegro con fuoco et Finale; E. Elgar : Salut d’amour op. 12; G. Fauré : Berceuse, op.16 et Les berceaux op. 23 no 1; F. Kreisler : Schön Rosmarin; F. Schubert :…


Jazz Affair

Quelle affaire! Sylvie Prévost – Jazz Affair étonne et détonne sans jamais perdre le ton! Trois filles et trois garçons : six voix qui couvrent tout le registre de la voix humaine, un répertoire tiré de tous les horizons, voilà Jazz Affair en quelques mots. Vous est-il arrivé souvent de voir sur scène six chanteurs qui font tout a capella, chant, accompagnement, percussions, sur une mise en scène sans temps mort? Voilà ce que nous a offert Jazz Affair. Le samedi 12 mai 2018 : Jazz Affair J.-F. Aubin, ténor; L. Bélanger, soprano; C. Legault-Coulombe, alto; M.-P. Deschênes, mezzo-soprano; L. Laprise, baryton ; C. B. Poulin, basse. Répertoire de chansons variées. Manifestement, ces musiciens ne manquent pas d’idées. Chanson française ou québécoise, rock ou populaire, musique américaine d’hier et d’aujourd’hui, tout passe dans la moulinette musicale de ce groupe unique. Les arrangements, très imaginatifs, sont aussi très denses et nécessitent un sens harmonique aiguisé. Six voix superposées créent un édifice qui pourrait ne pas tenir la route. Mais  non… tout s’assemble aisément et lorsqu’une voix n’est pas sollicitée pour chanter, elle fait de la percussion. Pleins d’invention, les chanteurs témoignent aussi d’un sens de l’humour certain, comme lorsqu’on surimprime du Bobby McFerrin…


Jean-François Bélanger en spectacle

Les entrailles de la montagne… pour faire grandir les nains Sylvie Prévost- Quand on creuse, on trouve des bibittes, des roches et de la boue, mais aussi des pierres précieuses… C’est un spectacle fertile en découvertes qu’a offert Jean-François Bélanger. Il était déjà venu présenter son premier ouvrage, Les vents orfèvres, qui explorait, comme il nous l’a expliqué, le monde de l’esprit. Cette fois, il parcourt un territoire qui agit et nous fait agir à notre insu : des instincts, des souvenirs, des sentiments, tout ce qui peut paraître sournois quand on ignore sa présence. C’est une démarche complète à laquelle il nous convie, le prolongement artistique de sa vie de psychiatre. Toutefois, il n’y a rien d’ardu, rien d’emberlificoté dans les présentations très justes des pièces au programme. Et non seulement ses interventions sont-elles intéressantes, mais sa musique est superbe et accessible. Le samedi 26 mai 2018 : Les entrailles de la montagne Jean-François Bélanger, nickelharpa et contraharpa; Élisabeth Giroux, violoncelle; Bernard Ouellette, percussions; Simon Marion, guitare. Les eaux de l’oubli – Jökulhlaup, Les entrailles de la montagne – Le cœur en fanfare, Raukar – Drakkar, Pitou’s Trip to Norway, Les ogres de Barbarie, Valse militaire, Horreur boréale, La tiraille, Après la…


Concert bénéfice d’Amal’Gamme

Deux musiciens au faîte de leur art Sylvie Prévost – La salle bruissait d’excitation ce soir-là, celui du concert bénéfice de Diffusions Amal’Gamme. Il faut dire qu’elle était presque pleine, et que les mélomanes étaient impatients d’entendre enfin ces deux joyaux du monde musical québécois. Pour la « mise en doigts », les Sept variations… ne sont pourtant pas qu’un hors-d’œuvre. Nous avons immédiatement droit à une véritable interprétation respectant les caractères très contrastés de ces morceaux. Délicatesse et virtuosité sont déjà au rendez-vous, les nuances sont impressionnantes et les parties en écho entre le piano et le violoncelle sont parfaitement symétriques. La Sonate no3, pleine d’une énergie juvénile, nous donne à entendre des dialogues magnifiques, ciselés à la perfection, les deux musiciens partageant le même esprit. Le dernier mouvement est d’une tendresse stupéfiante sous sa joie énergique. Scarfone tire de notre piano des nuances infinitésimales que nous n’avons jamais entendues et qui répondent parfaitement à celles du violoncelle de Tétreault. La Sonate op. 65 de Chopin persiste dans la parfaite maîtrise du geste, chez elle comme chez lui. Dans cette œuvre très dense en émotion, l’interprétation reste sur la corde raide, les deux instruments se partageant les phrases dans la même…


Fascinante Louise Bessette

Le parfum suave d’un siècle passé Sylvie Prévost – Les saisons ne sont pas un titre majeur dans l’œuvre de Tchaïkovski. Écrites à la demande d’un éditeur pour être publiées chaque mois pendant un an, certains n’hésitent pas à les qualifier d’œuvre alimentaire. C’est oublier un peu vite le talent de mélodiste du compositeur et sa sensibilité extraordinaire, qui lui permettent de dépeindre en quelques pages l’atmosphère tellurique de chaque mois de l’année. On peut imaginer sans peine la joie de recevoir chaque mois une autre de ces jolies pièces, de la déchiffrer sans infiniment de peine, de lui donner son caractère et de la jouer en soirée en bonne et douce compagnie. Tout le XIXe siècle est là, du moins pour une certaine classe sociale. Il est parfois bon de laisser sans réponse les grandes questions existentielles pour simplement goûter l’air du temps. Pourtant, aussi légère et sentimentale que paraît cette musique, elle n’en regorge pas moins de bijoux harmoniques et de subtilités qu’une excellente pianiste comme Louise Bessette ne peut que mettre en valeur. Mains qui s’échangent des motifs ou qui se répondent, phrasés intelligents, rythmes et rubatos qui soutiennent admirablement le propos, tout concours à ce que…


Spectacle d’ici

Trio Hochelaga : de la dynamite Sylvie Prévost – Comment trois personnes peuvent-elles générer autant d’énergie ? On aurait dit que le volume de la salle s’était multiplié par cent ! Le Trio Hochelaga a plongé son public dans le XVIIIe siècle par cette rencontre magnifique avec trois compositeurs au sommet du romantisme. De Kirchner, qui gagnerait à être mieux connu, nous avons entendu quatre Novellettes, tirées de l’opus 59. Courtes pièces pleines de caractère, elles dépeignent avec intensité des paysages sonores divers. La première semble mettre la table pour tout le reste de la soirée par sa vitalité et sa passion. La seconde est un dialogue élégiaque entre les instruments à cordes. La troisième fait plus de place au piano et elle est marquée par un rythme de danse appuyé. Dans la quatrième, le violon et le violoncelle chantent, alors que le piano tend à l’arrière-plan l’atmosphère d’une rencontre amicale, sorte de mise en abîme du concert de ce soir. Les Quatre Fantasiestücke qui suivent reprennent en miroir des situations semblables, en les traitant à la Schumann – de façon plus complexe. Les dialogues évoluent vers l’intrication, le rythme, presqu’un personnage en soi, tend vers la joie ou devient inexorable, les discussions…


Quatuor Despax

Fougueux classicisme Sylvie Prévost – Beau rassemblement familial… de Toronto, Montréal et Gatineau, les quatre membres du Quatuor Despax sont venus jouer à Prévost Hormis d’être formé de quatre membres d’une même famille et d’être d’origine mi-haïtienne, cet ensemble se caractérise par un très bel équilibre du son, beaucoup de précision dans son jeu et de caractère dans son interprétation. Le programme propose plusieurs courants musicaux, quatre grands maîtres. C’est du costaud! Le Haydn est l’une des toutes premières pièces écrites pour cette formation. On sent que la forme se cherche, n’ose pas encore se déployer librement. Despax en fait une interprétation très contrastée dans les dynamiques, très dansante. Le violoncelle, d’une justesse parfaite soutient l’ensemble sans faillir et avec beaucoup d’esprit. Le premier violon, excellent instrument, a un son bien plein et bien campé. Le Dvořak qui suit se développe d’abord en gracieuses volutes et persévère dans le caractère dansant et léger de la première pièce. Il est interprété avec beaucoup d’esprit et de musicalité. L’Hiver de Vivaldi est habituellement joué par un ensemble plus important, ce qui laisse nos musiciens en terrain découvert… La justesse est plus que jamais de rigueur. Pas de reproche à faire, si on…